Calculer la valeur des rentes (et un calculateur pour vous aider)

Dans le domaine de la retraite, tout est calculé en fonction d’une retraite normale à l’âge de 60 ou 65 ans. Les calculs de RRQ et de la Pension de Vieillesse du Canada, ainsi que les pensions d’employeur n’y échappent pas. On ne vous dira jamais, par exemple, quelle rente vous obtiendriez si vous preniez votre retraite à 40 ans. En prenant sa retraite tôt, un autre défi se pose: vous cessez de travailler avant d’avoir droit aux rentes. Ces rentes seront disponibles quand vous aurez 55, 60 ou 65 ans. Comment utiliser la valeur de ces rentes dans vos calculs d’indépendance financière?

Il y a trois façons de répondre à cette question. La première consiste à voir le RRQ et la Pension de Vieillesse comme un bonus, une protection supplémentaire et de ne pas les inclure dans votre projet. Je n’aime pas cette approche car elle ne permet pas de voir l’évolution de sa situation dans le temps. Supposons que Jack a un portefeuille de 500,000$ et 42 ans. Est-il dans la même situation que Jean, qui a aussi un portefeuille de 500,000$, mais 53 ans? Non, car Jean pourra bientôt commencer à profiter du RRQ et de la Sécurité de la Vieillesse, tandis que Jack devra puiser des montants supplémentaires pendant 11 années de plus que Jean dans son portefeuille.

La deuxième façon de considérer les rentes futures, c’est d’utiliser des simulateurs comme cFireSim et d’ajouter les rentes aux dates prévues dans les cases appropriées. Cette approche est valable dans la mesure où on veut connaître son taux de succès. Elle ne permet toutefois pas de mesurer sa progression de façon satisfaisante.

La troisième façon que j’encourage, c’est d’associer une valeur à ces rentes et de l’ajouter à son portefeuille net. Pour vous aider, j’ai créé ce calculateur. Le fait de connaître la valeur des rentes vous permet d’obtenir un chiffre unique qui représente votre portefeuille total et d’appliquer des ratio, comme le taux de retrait, sur ce montant global.

Comment ça marche?

La valeur retournée par le calculateur correspond à l’estimé du montant que vous auriez besoin aujourd’hui pour générer la rente équivalente à un âge futur, à condition d’investir ce montant dans un portefeuille qui génère le rendement net utilisé pour le calcul. Vous pouvez changer ce paramètre à votre guise, mais 4% m’apparaît un bon compromis.

Pour utiliser le calculateur, vous entrez le montant actuel des rentes que vous obtiendriez à un âge donné si vous arrêtiez de travailler aujourd’hui. Sur votre relevé de cotisation du RRQ, par exemple, ceci est affiché sous le terme : « Montant actuel (mensuel) ». En multipliant par 12, vous obtenez le montant annuel en argent d’aujourd’hui. Dans mon cas, ce montant est de 537$. En réalité, vous allez recevoir un montant plus élevé que le montant indiqué car ce montant sera indexé selon l’inflation. De même, la prestation de la Pension de la sécurité de la vieillesse du Canada actuelle est de 587$ par mois et ce, pour tous les canadiens (peu importe le nombre d’années travaillées).

C’est donc dire que je devrais recevoir 13,488$ si je n’ai plus de revenus d’emploi. Comme il me reste 23 ans avant d’atteindre l’âge vénérable de 65 ans, en utilisant 4% de rendement net (après inflation), j’obtiens une valeur entre 137,000$ et 219,000$. Pourquoi un si grand écart? Parce qu’il est difficile d’évaluer la valeur qui correspond à la partie garantie de ces rentes.

En effet, autant le RRQ et la Sécurité de la Vieillesse ont une certaine composante garantie: le capital est garanti et le rendement est garanti. La limite basse, 137,000$ dans mon cas, c’est la valeur estimée si vous n’accordez aucune valeur à cette garantie et que votre portefeuille est axé sur les actions. À l’autre extrême, si vous transformez votre portefeuille à 65 ans afin d’être plus prudent et que vous accordez une grande valeur à la garantie sur le capital et les rendements, il faudrait que vous possédiez 219,000$ aujourd’hui pour obtenir le même résultat, soit être capable de vous générer, à 65 ans, une rente équivalente, possiblement en achetant à 65 ans une rente viagère avec le portefeuille résultant. Une rente viagère vous offre des garanties sur les rendements et le capital, mais il faut investir de plus gros montants pour obtenir une rente donnée.

Il vous est donc maintenant possible de calculer votre « portefeuille net avec valeur des rentes futures ». À quoi sert ce chiffre? Vous pouvez vous en servir pour déterminer le montant requis pour atteindre l’indépendance financière. Par exemple, avec un taux de retrait très prudent de 3%, votre portefeuille total devrait être de 33x votre budget de retraite. Dans mon cas, mon budget est de 22,000$, donc mon portefeuille total devrait être de 726,000$.

Or, mon portefeuille actuel est de 715,000$ (sans la valeur des rentes) et la valeur de mes pensions est d’au moins 137,000$ selon ce calcul, soit un total de 852,000$. On pourrait donc dire que mon taux de retrait réel est de 2.58%, ce qui est très sûr.

L’utilité de cette approche est qu’elle me permet de gruger un peu de mon capital jusqu’à mes 65 ans: sachant que le RRQ et la Sécurité seront là un jour, ces dernières pourraient compenser des baisses dans mon portefeuille en prenant le relais. Mais pour savoir où on en est exactement, ajouter la valeur des pensions permet d’avoir en un seul chiffre un portrait plus précis de sa situation.

 

28 réponses sur “Calculer la valeur des rentes (et un calculateur pour vous aider)”

  1. Super ce truc! Comme je suis plus âgé que toi, ça me donne un bonus d’environ 300k….J’écris ma lettre de démission ‘right now’.
    Mais non, ils ont besoin de moi!!

    Ma façon d’utiliser ces montants, RRQ et CAN, est d’utiliser le simulateur du site web de Desjardins (oui les caisses). C’est assez flexible, tu peux y mettre un revenu après retraite, ton RRQ, pension Canada, pension d’employeur, CELI, REER et compte taxable, age de la retraite, taux de rendement…Le résultat est sous forme graphique super simple à comprendre.
    https://www.desjardins.com/outils/calculateur-retraite/

    Tu connais?

    1. Quand je disais que les outils n’étaient généralement pas adaptés pour les gens qui veulent une retraite très tôt:

      « L’âge prévu de la retraite doit être un nombre compris entre 50 et 75. »

      Mais sinon, j’ai entré des chiffres pour voir le résultat et oui, c’est intéressant. SimulRetraite, outil offert par le gouv du Québec, est similaire et ma foi, pas trop mal, et il accepte que je prenne ma retraite à 42 ans 🙂 https://www.rrq.gouv.qc.ca/fr/planification/autres_outils/Pages/simulation.aspx

        1. ahahah tout à fait. En fait, celui du gouv du Québec m’a un peu insulté. Car l’outil est fait pour planifier sa retraite. Je voulais voir les résultats comme si je prenais la décision dès maintenant.

          À la question: combien de revenus prévoyez-vous gagner dans la prochaine année, j’ai répondu 0$. Il m’a dit: « Votre revenu semble un peu bas, être-vous certain? » Bel euphémisme, 0$ ,c’est un peu bas oui. 🙂

          🙂

      1. Yo Jack.
        Une bonne chose que les simulateurs ne vous aident pas trop les jeunes, il vous reste encore beaucoup de taxes et impôts à payer…HA!
        En plus des intérêts sur la voiture, la maison, le skidoo, le 4 roues, le voyage dans le sud (sur la carte de crédit), le seadoo, la roulotte, les TV 4K, le frigo 4 portes, le chalet, le SPA…Voila pourquoi le simulateur de Desjardins va jusqu’à 75 ans.

  2. Merci de partager cet article et ce calculateur. Ça aide beaucoup à vulgariser ce qu’on discutait sur mon blogue.

    Je vais faire l’exercice des calculs en fin de semaine.

    Au plaisir.
    Retraite101

  3. MrJack,
    Ton calculateur, tu as pris un plugin ou t’as codé ça en php ou autre?
    J’ai utilisé un plugin récemment et mon hosting m’ont demandé d’effacer 2 ou 3 fichiers testés comme malveillants lol…
    Moi à date, j’ai 242$ par mois à 65 ans si je cesse de travailler today! Pas de quoi faire le party lol

    1. Blogueur Masqué,

      Mais si tu ajoutes la Sécu de la Vieillesse, ça porte ta rente à 9904$ par an (sans compter celle de ton employeur), ce qui aurait une valeur entre 82k et 132k$ si j’ai bien guessé ton âge!

      🙂

      Oui j’ai utilisé un plugin, Calculated Fields Form.

  4. Salut Mr. Jack!

    J’ai toujours un peu négligé cet aspect. Je me suis dit que les rentes seraient un bonus pour mes vieux jours. L’objectif était de me sentir un peu moins dépendant du gouvernement.

    En tout cas, grâce à ton calculateur, je me sens plus riche aujourd’hui.

    Bravo pour l’article super pertinent! C’est toujours très informatif.

    1. Dans ton cas c’est effectivement un bonus puisque tu as pu quitter quand même sans en tenir compte.

      Mais si je ne l’avais pas inclus du tout dans mes calculs, je crois que je ne me serais pas senti assez à l’aise. Alors j’utilisais deux calculs: celui sans compter les rentes gouvernementales, qui me donnait un taux d’environ 3.5%, qui devrait être suffisant en théorie, mais il me restait un peu de crainte, et celui où je simulais (avec cFireSim) ou calculais la valeur des rentes, qui faisait baisser mon taux à 3%, ce qui me permettait d’être rassuré !

  5. C’est ce qui me décourage un peu d’une retraite jeune. Si je veux être retraitée à 45 ans, je n’ai que 17 années devant moi pour créer un coussin qui va me durer jusqu’à 65 ans. Car mon régime de pension pénalise beaucoup ceux qui veulent la prendre avant l’âge prévu (60 ans minimum, ça, c’est si ça ne change pas). Par contre, après ça, j’ai un revenu garanti assez élevé sans même la RRQ et tout.
    Si je veux vivre avec 20k par an de 45 à 60, ça me prend 300k de côté et je suis pas certaine de l’atteindre.. Ça me fait peur un peu. De là mon but plus réaliste d’atteindre un portfolio qui me donnera 10-15k par an et que je comble à temps partiel.

    J’adore lire tes articles, les finances perso malgré que je m’y intéresse beaucoup, restent un monde nébuleux et te lire permet de me renseigner petit à petit!

    1. En tant qu’infirmière, vérifiez concernant le RRQ: à ma connaissance la plupart des pensions gouvernementales sont arrimées avec le RRQ, de sorte que le montant de pension qu’on vous mentionne dans vos relevés calcule déjà la portion du RRQ.

      Oui c’est certain que la pénalité est grande en quittant jeune (elle est grande pour moi aussi, c’est seulement que la pénalité n’est pas chiffrée de façon aussi claire). Quitter tôt c’est mettre un paquet de facteur contre l’accumulation d’un actif: moins d’années de contributions, moins de temps pour composer des rendements, et plus d’années à retirer des montants.

      Le travail à temps partiel me semble une bonne avenue. C’est sans doute ce que j’aurais fait si j’avais pu, mais mon type d’emploi ne s’y prête pas. Par contre, j’aurais pu être travailleur autonome à temps partiel, mais je voyais ça comme un trop gros risque sur du long terme.

      En fait, je suis un gros fan du temps partiel. Ça me semble un équilibre parfait entre avoir des revenus intéressants, continuer à contribuer au RRQ et autres, avoir + de temps libre qu’à temps plein tout en continuant à participer à la vie active en société (ce qu’on peut faire à la retraite aussi, mais demande une certaine volonté).

      On regarde avec ma conjointe pour la faire passer à un régime d’horaire réduit, pour débuter à 4 jours par semaine. Je lui dis toujours pour l’encourager à le faire:

      À 4 jours, non seulement tu réduis ta semaine de travail de 20%, mais tu prolonges aussi ta fin de semaine de 50% !

      1. Mr Jack,

        Intéressant ce sujet. Je serai bénéficiaire d’une pension gouvernementale semblable à celle décrite par sorcierefrugale. Dans mon cas, elle est effectivement arrimée avec le RRQ à l’âge de 65 ans.

        Il pourrait être avantageux pour moi d’encaisser la RRQ à partir de 60 ans, ça reste à voir. J’anticipe une retraite au début de la cinquantaine et ça me permettrait d’écouler en partie ma réserve RÉER avant 60 ans et de combler la différence avec mon CELI pour retirer suffisamment d’argent annellement sans payer d’impôts.

        À 61 ans, ma pension s’ajoutera, je pourrai donc retirer moins de Reer. À 65 ans elle sera amputée de la valeur du RRQ. Comme ma pension ne sera plus complètement indexée à partir de ce moment, j’aurai encore besoin de mes placements pour couvrir l’augmentation du coût de la vie. De plus comme je prévois une retraite au plus tard à 55 ans, ma pension ne sera pas si élevée puisque je renoncerai à plusieurs années qui pourraient la gonfler davantage. Mais ça devrait être suffisant avec l’épargne accumulée.

        Pour la sécurité de la vieillesse, je la vois aussi comme un bonus. J’aime penser qu’elle pourrait financer éventuellement mes besoins de services en santé qui devraient être croissants après 65 ans. Autrement, je ne la considère pas vraiment. Je pense aussi qu’elle pourrait être repoussée dans le temps à mesure que la population vieillit. Il se pourrait très bien qu’elle existe sous une autre forme ou encore qu’elle soit admissible à partir de 70 ans par exemple.

        Je trouve intéressant le concept de l’actualiser en dollars d’aujourd’hui, mais disons que c’est plus un coussin de sécurité qu’autre chose pour moi.

        1. Oui je crois aussi que vous devriez essayer de maximiser vos retraits de façon à retirer le plus gros montant possible lors de vos premières années de retraite, tout en minimisant l’impôt sur ces retraits.

          D’autant plus que les REER doivent éventuellement être transformés en FERR et que les retraits deviennent obligatoires à partir d’un certain âge. À 80 ans, le taux de retrait obligatoire peut être considérable et générer des revenus imposables importants si on a encore beaucoup d’argent dans son compte enregistré.

      2. La pénalité est grande pour les revenus de pension de quitter plus tôt un emploi mais la vraie question est est-ce que la pénalité est plus grande de ne pas le quitter?

        Supposons que je n’ai plus d’hypothèque et pas besoin d’épargner. Je ne saurais même pas quoi faire avec 70% de mon salaire maintenant à 36 ans à part le gaspiller dans des biens de consommation futiles.

        Imagines à 72 ans? Je ferais quoi avec 70k par an? Me payer une marchette en or? Un serviteur pour me torcher? Je pense que c’est du gaspillage de temps de vie que de viser à atteindre le maximum du fonds de pension et l’obtenir à un âge où ça ne sera plus nécessaire.

        Je trouve que cette histoire de 70% des revenus est ridicule. C’est un bon moyen d’inciter les gens à travailler plus longtemps tout en leur laissant assez de revenus pour continuer à payer de l’impôt et acheter plein de cochonneries inutiles.

        Quant à travailler à temps partiel pour « contribuer à la société »…. dans biens des emplois on contribue surtout à rendre le patron riche.

        Il y a bien d’autres façons de « contribuer à la société », notamment en donnant du temps à de bonnes causes ou encore en faisant de la recherche fondamentale.

        T’es un gars brillant! Attaques toi au cancer ou au voyage sur mars, à la résolution de l’EM Drive, à la vie éternelle, à l’élimination de l’effet de serre, au terraformage ou à quelque autre grand défi de l’humanité. ☺

        Aller gaspiller ton potentiel dans une jobine pour passer le temps…. serait du gaspillage non?

        Quand est-ce qu’on te voit derriere le comptoir du club video du coin mon brave MrJack? 😉 Dernièrement quand je te lis je sens que tu t’ennuies…

        Mais pour celui qui n’arrivera pas à épargner suffisamment pour une retraite jeune, le temps partiel ou les mini-retraites (sabbatique) me semble en effet l’option la plus judicieuse.

        1. Concernant la participation à la vie active, je ne voyais pas tant sous un angle de contribuer à la société (dans le sens de la bâtir, d’être un contributeur), mais d’un point de vue plus personnel: avoir un mandat, se sentir utile, avoir des interactions avec des collègues, des défis, etc. Évidemment on peut s’auto-générer ces choses de toutes sortes de façons, comme celles que tu mentionnes, mais disons que le travail, c’est la façon simple d’y arriver, et le temps partiel, une façon temporaire de se préparer à la suite des choses.

          Je ne m’ennuie pas présentement, en fait je regarde le passé et je me dis que j’aurais mieux aimé faire du temps partiel il y a 5 ans et travailler 5 ans de plus, plutôt que de vivre le temps plein qui ne me convenait plus. Et l’avantage du temps partiel en mode travail autonome, c’est que tu peux grosso modo faire ce que tu veux, quand tu veux.

          Tu mentionnais la recherche fondamentale, c’est drôle car je fais de la recherche (appliquée cependant) et un peu de développement, et de la consultation générale (orienter des startups dans mon domaine), et c’est le genre de contrats que je vise, ils sont plutôt rares en fait, et ça me conviendrait très bien si ça signifie de travailler l’équivalent de deux mois par année.

          Ça peut être très stimulant quand ce n’est pas fait 50 heures par semaine en suivant un horaire contraignant.

          Mais bref, je suis certain que j’aurai d’autres opportunités, d’autres défis et à ce moment-là, je serai libre de sauter dessus.

          Tout ça pour dire que le travail à temps partiel, ça peut être un outil intéressant pour prendre sa liberté plus tôt. Si on fait du temps partiel 49 semaines par année, on ne gagne pas beaucoup en liberté, mais du temps partiel « flexible », c’est particulièrement intéressant à mon avis!

          1. Je suis d’accord avec MrJack.

            La  » game  » n’est pas pareille lorsque tu es capable de travailler en ayant contrôle du travail à effectuer, de l’endroit pour travailler, du temps à y allouer, des collègues et de la flexibilité dans tout ça ou simplement y aller à plus petite dose.

            Bien des gens ne détestent pas travailler en tant que tel, mais la problématique c’est surtout l’encadrement et la  » ligne dure  » régissant le travail.

            Par ailleurs, pourquoi quelqu’un qui termine son ouvrage plus tôt devrait être pogné pour rester jusqu’à la fin?

            Quand j’étais jeune, lorsque je cueillais des fruits et des légumes comme job d’été, je travaillais beaucoup l’avant-midi, mais j’avais parfois mes après-midi. C’est moi qui décidais si je voulais aller faire du sarclage ou pas l’après-midi. Je trouvais ça le fun de pouvoir décider de comment je voulais gérer cette demie-journée.

            Parce qu’en même temps, c’est quand même aussi beaucoup de temps libre en 1 shot de passer de travailleur temps plein à retraité. Comme dans tout, ça prend de l’adaptation. C’est ce qui fait la force de notre espèce.

            Souvent, ce qui tue les gens à petit feu, c’est la platitude, donc de rester dans des emplois qu’ils n’aiment pas ou plus pendant trop longtemps. À la longue, ça use les gens et ça les rend malheureux pour des questions de fonds de pension parfois.

            C’est bizarre qu’on valorise tant le jeu chez les jeunes enfants, mais qu’on les contrôle autant rendu à l’âge adulte, notamment au travail. On devrait leur dire la vérité au début. À place, ils nous font avaler des couleuvres à petites bouchées et nous manipulent pour nous diriger tout doucement vers le chemin tracé.

          2. Oui exactement sur le goût du travail… j’ai eu toutes sortes de passes dans ma vie professionnelle. À une époque, j’aimais tellement ça que j’allais au bureau tous les soirs et les samedi, sur une base volontaire. Le plus ironique, c’est que c’est une période ou au travail, moi et ma petite équipe, on nous laissait un peu faire ce qu’on voulait: il n’y avait pas vraiment de chef d’équipe ni de directions précises. Et ce fut extrêmement productif pour la compagnie car on a livré beaucoup d’innovations qui furent introduites dans différents produits et utilisées pendant plus d’une décennie par la suite.

            Et après j’ai eu des passes plus difficiles, plus plattes, plus machinales, où soudain même faire 40 heures devenait moralement difficile. C’est là que j’ai commencé à penser à la retraite hâtive, à vouloir retrouver ma liberté. J’essayais dans ma tête de me refaire les conditions des beaux moments dans ma vie: quand j’étais étudiant, quand, au travail, on était relativement libres comme au début des années 2000.

            Et j’ai eu une opportunité de partir une entreprise (une micro-entreprise, à 3-4 personnes qui travaillent de la maison). Les conditions qui me motivent sont ré-apparues. Je me suis remis à travailler des 50 heures, des 70 heures par semaine, mais des fois, des 25 heures aussi. Je travaillais le soir ou la fin de semaine quand il pleuvait, mais je passais ma tondeuse un lundi après-midi ensoleillé et j’allais prendre une marche tranquille pour penser à nos affaires.

            Et après la vente et de retour à une job steady, à nouveau la sécheresse de la motivation. Il y a bien eu ici et là des projets qui m’ont motivé, mais jamais plus de quelques mois à la fois.

            Et j’ai réalisé que ce n’était pas tant la nature du travail ou des projets qui m’importait. Quand j’ai eu mon entreprise, je devais faire de la comptabilité, et envoyer des brochures par la poste, faire de cold calls pour approcher des clients… pas le genre de choses qui m’excitent particulièrement.

            C’est le contrôle de mon horaire qui est le point commun entre l’époque où j’étais étudiant, le début des années 2000, la période où j’ai eu mon entreprise…. toutes des périodes où j’avais non seulement envie de travailler, mais où j’étais en général très satisfait de ma vie!

      3. C’est vrai, la RRQ est incluse. Mais à la base, si j’atteint le salaire maximum de mon échelon et que je le travaille 5 ans (ce qui va arriver si je travaille jusqu’à 45 ans), je risque d’avoir quand même un bon salaire, RRQ ou pas. Assez pour vivre comme je le fais maintenant si je le désire, alors que théoriquement mes dépenses devraient être diminuées. Ou que s’il me reste de l’épargne, ça sera un surplus.
        Mais c’est vraiment de 45 à 60 ans qui me gosse. Avoir su, j’aurais économisé tellement plus tôt!

        1. Dans votre cas, la situation est un peu différente alors: vous n’avez pas à financer l’après 60 ans. Il y a donc 15 annnées à financer, une période connue et relativement courte. C’est un avantage et un inconvénient. L’avantage c’est évidemment le nombre d’années réduit à financer, et le fait que l’autre partie est garantie. L’inconvénient, c’est que l’horizon étant court, il faudrait idéalement que les placements soient plus sûrs et moins volatils… car à chaque année, vous allez retirer une part substantielle du portefeuille, en cas de baisse des marchés, la séquence de retrait pourrait le réduire à néant.

          Dans un tel cas, je me demande si une rente certaine ne serait pas la bonne solution. Il en coûte présentement 100,000$ pour obtenir 7800$ annuel de rente pendant 15 ans. Ces rentes sont garanties, mais il ne reste rien à l’échéance et ne sont pas indexées pour l’inflation. Donc il vaut mieux obtenir une rente initial plus élevée, peut-être de 15% que vos besoins, pour compenser: au début vous mettez le surplus de côté, à la fin vous compensez.

          Peut-être que d’ici vos 45 ans, ce produit sera plus intéressant si les taux d’intérêt sont plus élevés qu’aujourd’hui.

  6. MrJack et Maxime,

    Voici ma vision de la chose. Je ne suis pas contre le travail. Je suis contre ce que le capitalisme a fait du travail et de la force de travail de l’homme, bien que je reconnaisse que ça ait apporté aussi bcp de positif globalement. Je crois néanmoins qu’il est temps qu’on revoit le systeme en tenant compte de l’humain, pas juste du profit du proprio.

    En cela, l’arrivée massive de l’automatisation et de l’intelligence artificielle pourrait amener bcp de positif pour l’homme en le sortant de l’abrutissement du Taylorisme et du Fordisme et de tous les dérivés de la mécanisation du travail pour le forcer à utiliser les plus grandes forces de l’homme.

    Contraindre un homme à la répétion toute sa vie, 48 semaines par année, 5 jours sur 7, je trouve ça déplorable. Souvent on s’accroche au fonds de pension, aux credit vacances progressifs qu’on a accumulé, aux avantages sociaux… des carottes. On reste donc par peur de perdre ou contrainte plus que par plaisir.

    Je suppose que comme tu le dis Maxime, bien des gens se sentent bien là-dedans ou du moins s’y résignent mais je suis pas mal certain que la majorité seraient plus heureux s’ils pouvaient utiliser davantage leurs competences, créativé et imagination avec beaucoup moins de cadres et de protocoles et aussi, s’ils avaient plus de temps libres… comme quand on etait petit et que nos parents nous disaient ranges ta chambre tu iras jouer apres. Je peux tu te dire que ça ne me prenait pas 8h ranger ma chambre? Bien des jobs pourraient etre calquees sur ce modele. Ramasses 5000 patates et sacre ton camps… traite 25 dossiers de credit et scram… Les journees ne dureraient pas 8h. Je créerais une methode qui me permettrait de faire la job en 3h.

    Les gens les font durer 8h parce que c’est ce qu’on leur demande de faire… ils sont payés à l’heure et n’ont de toute façon pas le choix de rester!

    J’ai travaillé dans un centre d’appel dans le passé et à 11h30, ils permettaient à un certain nombre d’employes de quitter hativement si les volumes le permettaient. Je peux tu te dire que c’était populaire? Même impayé tout le monde essentiellement voulait sacrer son camps, surtout quand il faisiat beau. J’avais codé un petit script qui se timait sur l’heure du systeme et les delais de reception du courrier pour envoyer automatiquement mon formulaire de depart hatif en premier chaque jour. D’ailleurs on etait 2-3 à se challenger à ce sujet!

    Évidemment, on ne peut pas comparer toutes les tâches entre elles car certaines font appel à ces skillsets alors que d’autres s’y pretent moins. Mais, si on generalise l’ensemble du monde du travail, de façon générale on demande aux gens de faire des tâches simples qui demandent peu d’expertise et de formation et de le faire à répétition. Bizarrement on demande bcp de diplomes universitaires… alors qu’on n’utilise pas les skillsets du diplomé. Je suppose qu’apres 15-20 ans d’etudes on a prouvé qu’on pouvait rester dans le rang, fermer sa boite pendant 8h pendant que le prof (boss) parle, faire des taches deplaisantes à repetition, se soumettre a des regles et protocoles, bref on fait de bons employés etc…

    Qui se rappelle de Jean-Guy Whatever qui a pris sa retraite il y a 6 mois? Ben oui tsé il travaillait dans le departement X? Ben voyons.. comment ça tu ne te rappelles plus de lui, il a travaillé 35 ans ici!!!

    A peu pres personne ne se rappelle de Jean-Guy parce que ce qu’il faisait n’était pas significatif, pas parce qu’il n’était pas significatif mais maintenant c’est Manon qui fait la tâche et elle la fait aussi bien que l’autre d’avant qui s’appellait comment deja?

    C’est triste, mais faites le test à votre emploi (pour les autres lecteurs de ce commentaire) et vous serez surpris de constater que les retraités on les oublie ben vite en general parce que tout le monde est capable de remplir un trou de garnotte… à moins qu’ils soient partis dans un scandale ou qu’ils aient réellement créé quelque chose de significatif.

    Il y a bcp d’ingenieurs, chercheurs, professionnels de la santé ou d’autres professions libérales dans la niche du early retirement. Peut-être que ce sont des emplois qui apparaissent moins abrutissants mais une minorité de personne seulement ont accès à ces emplois. Pour ma part, j’ai fait bcp de travail à la chaîne, de travail de shop, de commis d’épicerie et de centre d’appels à prendre 120 appels par jour de clients insatisfaits dans ma vie. J’ai travailler dans des conditions bruillantes et poussiereuses a feeder une machine qui rugissait à un rythme effrené… J’ai eu des horaires eclatés (congé dimanche et mercredi ou jeudi), j’ai fait des shifts de nuit, des culbutes (shift de soir suivi d’un shift de jour avec 6h d’ecart entre les shifts ce qui avec le transport donnait moins de 3-4h de sommeil). Ça a certainement teinté ma vision du travail.

    Maxime, oui on ment bcp aux enfants et comme je l’ai deja ecrit dans un article a propos du pere noel, je trouve cela deplorable. Je ne vois pas en quoi tu aides un enfant a se debrouiller dans le vrai monde en le bullshitant.

    MrJack, dans un autre ordre d’idee, je compte probablement investir le REEE dans un fonds total market en 2018, mais pas dans un fonds obligataire. J’ai 6500 par annee à investir. Tu suggeres quelle approche pour le timing des achats vu que je ne peux pas acheter le fonds sous sa cible comme avec ta technique à 2 fonds?

    1. Blogueur Masqué,

      Je suis allergique aux frais, alors personnellement j’irais pour deux achats (gros max trois) dans l’année, si possible à date pré-déterminée, histoire justement de ne pas timer.

      Ma blonde est super bonne là-dedans, comme elle a aucune idée du marché, elle me dit: j’ai 4000$ à investir. Alors je me pose pas de question et je le fais, peu importe que le moment ‘semble’ bien choisi ou non.

  7. Re-bonjour!

    Petite question, ma conjointe a contacté le gouvernement concernant les rentes et on lui a dit que ce n’était pas indexé. Aurais-tu stp la source qui te permais de dire que ce l’est?

    Le fonctionnaire était peut-être dans le champs…

    Je suis curieux de savoir! Merci!

    1. Salut Jeune Retraité,

      De quelles rente est-il question? Le RRQ est indexé:
      https://www.rrq.gouv.qc.ca/fr/programmes/regime_rentes/regime_chiffres/Pages/regime_chiffres.aspx

      (cette année, 1.5%. Le montant dépend de l’indice des prix à la consommation)

      Ma blonde participe au RREGOP, qui est indexé à la moitiée d’un taux qui correspond au taux d’indexation des deux dernières années:
      https://www.carra.gouv.qc.ca/fra/e-vie/evenement_6/retraite_621.htm#s6214

      Ce n’est donc pas pleinement indexé. Par contre, en cas d’hyperinflation il y a une protection supplémentaire à partir de 6% d’inflation. Par exemple, à 7%, la rente est indexée de 4% plutôt que 3.5%.

      (en répondant à la question, je viens d’apprendre la partie indexée à 50% du régime de ma conjointe, je croyais que c’était pleinement indexé. C’est quand même majeur, sur 40 ans, comme différence).

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