Le danger de viser un chiffre pour sa retraite

Cet article est inspiré de la lecture suivante:

Can the “Simple Math” make retirement more difficult?

Je suis un fan de probabilités et plusieurs jeux de l’esprit sont parfois contre-intuitifs. Vous avez peut-être déjà entendu la question suivante:

« Vous participez à un jeu. Il y a trois portes, et derrière l’une des portes se cache un gros prix de 1 million de $. L’animateur du jeu vous demande de choisir l’une des portes. Vous dites par exemple à l’animateur: je choisis la porte #2. L’animateur vous répond: d’accord. Je vais vous donner un indice. Le million de $ ne se cache pas derrière la porte #3. Est-ce que vous maintenez votre choix de la porte #2? »

Le Problème de Monty Hall

Le problème, connu sous le nom du Problème de Monty Hall, qui m’a jadis été posé par un professeur de statistiques, est le suivant: devriez-vous conserver votre choix, changer pour la porte #1 ou ça ne change strictement rien?

Des portes! Encore des portes!

La grosse majorité des gens croient que ça ne change rien: on a 50% des chances de gagner, qu’on choisisse la porte #1 ou la porte #2. Pourtant, la vérité c’est que vous êtes mieux de changer de porte. Celle que vous avez choisie a 33% des chances d’être la bonne, alors que l’autre a 66% des chances d’être la gagnante.

Je n’expliquerai pas les détails des raisons car ça n’a pas beaucoup d’importance pour cet article (en gros, votre choix conserve sa probabilité initiale de 33%, alors que la porte restante combine sa probabilité initiale de 33% avec la probabilité de la porte dévoilée), mais pour les intéressés, explications ici.

Le problème du critère de décision pour prendre sa retraite

À mon tour de poser un problème de probabilités maintenant:

Cas 1: Jean. Jean vise prendre sa retraite à 45 ans. À son 45ième anniversaire, il fait son bilan financier, et arrive à 625,000$ de portefeuille. Son budget annuel est de 25,000$. En utilisant la règle du 4%, il constate être pile sur le chiffre magique: il peut prendre sa retraite!

Cas 2: Jack. Jack vise prendre sa retraite quand il aura atteint 625,000$ dans son portefeuille, ce qui lui permettrait de dépenser les 25,000$ annuel dont il a besoin selon la règle du 4%. Il atteint par hasard ce chiffre à son 45 ième anniversaire et il décide que le moment de la retraite est donc arrivé.

Bienvenue dans le désert de la réalité

Note: pour les fins du « problème », notez que bien que ces deux cas semblent identiques, il ne s’agit pas de la même personne et l’année de la retraite n’est pas la même, même si l’âge à laquelle elle est prise, l’est.

Question: est-ce que Jean et Jack ont la même probabilité de succès, c’est-à-dire de maintenir le même niveau de dépense pendant toute leur retraite?

Un peu comme le Problème de Monty Hall, la réponse pourra sembler pour certains contre-intuitive. Mais Jean a en réalité de meilleures chances de succès que Jack, même si les deux ont le même âge et le même montant dans leur portefeuille.

Étonnant non? Comment est-ce possible?

Pour vous donner une intuition sur les raisons expliquant la différence, je vais vous fournir des scénarios hypothétiques derrière les cas de Jean et de Jack.

Jack vise un chiffre

Jack attend son chiffre de 4% et il sait qu’au moment de l’atteindre, il prendra sa retraite. Il consulte à chaque mois son portefeuille, guettant le chiffre magique. En 2014, il a atteint 450,000$ et approche rapidement de son chiffre, grâce à ses économies et aux bonnes performances du marché. En 2017, les marchés ayant continué à bien faire, par hasard à l’anniversaire de ses 45 ans, le chiffre convoité s’affiche dans son chiffrier: il peut enfin prendre sa retraite!

Jean vise un âge

Jean souhaite prendre sa retraite à 45 ans pour devenir bénévole en Afrique. Avec son taux d’épargne, il sait qu’il a de bonnes chances de réussir. En 2018, il a 42 ans. En 2019, le marché s’écrase de 30%. En 2020, les marchés baissent légèrement, de 5%. En 2021, les marchés stagnent. C’est en 2021 que Jean atteint sa cible de 45 ans. Il compile ses chiffres: il a 625,000$ et constate que c’est bel et bien suffisant pour prendre sa retraite.

Une différence probabiliste importante

La différence fondamentale entre Jack et Jean, c’est que Jean, en réalité, a probablement atteint le 4% bien avant 2018. Il avait possiblement alors déjà plus de 625,000$ dans son portefeuille. Disons qu’il avait en réalité 750,000$. Mais il n’a pas choisi de prendre sa retraite en fonction du chiffre, car ce qu’il visait était une date. Grâce à son épargne, il a pu maintenir un portefeuille de 625,000$ en 2021 malgré un « bear market ».

Jack et Jean ont donc une situation financière en apparence identique, mais leur décision est basée sur des critères différents, de sorte que leur « timing » est différent par rapport aux performances récentes du marché.

Jack a un désavantage majeur: le fait d’avoir fondé sa décision sur l’atteinte d’un chiffre (plutôt qu’un âge) l’assure presque de prendre sa retraite après plusieurs années de rendements boursiers positifs (un « bull market »). En effet, à moins de gagner à la loterie, il est peu probable que Jack atteigne 625,000$ après un crash boursier si ses investissements sont principalement investis à la bourse. Le fait de viser un chiffre nous pousse à la retraite après un bull market.

Contrairement à une certaine croyance, il est faux de dire que les performances passées de la bourse n’ont aucune importance sur les performances futures. L’économie est cyclique, et la bourse tend à retrouver sa moyenne historique de valuation. Présentement en 2018, les marchés sont surévalués par rapport à la moyenne historique après presque 10 ans de hausses boursières. On ne sait pas quand la tendance va se renverser, ni si l’effet sera brusque (un crash) ou progressive (un marché en faible progression sur de nombreuses années). C’est pourquoi il est inutile de « timer » les marchés en fonction des performances passées. Et les valuations pourraient demeurer élevées pendant encore de nombreuses années. Mais historiquement, 625,000$ après un bear market permettait de se rendre plus loin que 625,000$ après un bull market. C’est pas fou, car 625,000$ après un bear market signifie probablement que vous aviez 1,000,000$ avant. Alors que 625,000$ après un bull market signifie peut-être que vous aviez 400,000$ avant.

En somme, l’article cité plus haut argue que l’utilisation d’un montant à atteindre comme critère de décision pour prendre sa retraite augmente les risques de prendre sa retraite à un mauvais moment par rapport à la performance future des marchés.

Une bonne nouvelle: la règle du 4% prévoit (en partie) le coup

J’ai quand même une bonne nouvelle pour ceux qui visent un chiffre pour prendre leur retraite: la règle du 4% demeure en bonne partie valable. La règle du 4% n’est pas fondée sur une moyenne des rendements boursiers. Elle est fondée sur les pires scénarios. Si vous utilisiez la moyenne, la règle serait possiblement une règle de 6% ou de 7%: en moyenne, un retraité peut retirer 6% de son portefeuille à chaque année et augmenter ce montant selon l’inflation. En moyenne, ça fonctionnerait pour les Jean de ce monde.

La règle du 4% est plus prudente, et regarde les moins bons scénarios historiques, ceux, précisément, qui correspondent à des situations comme celle de Jack. Si Jack retirait 6%, ses probabilités d’échec seraient très élevées, parce que son critère de sélection pour prendre sa retraite lui fait choisir un échantillon différent des différents scénarios de marché, un échantillon qui historiquement correspond à des rendements futurs moins intéressants.

Les limites d’un outil comme cFireSim

J’ai déjà mentionné à plusieurs reprises être un utilisateur d’outils de simulation comme cFireSim. Mais à la lumière des mes récentes réflexions sur le sujet de cet article, je constate qu’il est trompeur. Quand cFireSim dit qu’on a 1% de chance d’échec, ce chiffre n’est valable que si notre critère de retraite est aléatoire par rapport aux conditions du marché. Or, comme mon critère était l’atteinte d’un montant défini, l’échantillonnage statistique n’est plus valable: mon cas n’est plus un cas au hasard parmi tous les scénarios possibles. Mon cas est, en fait, un sous-ensemble des scénarios, le sous-ensemble des scénarios où l’on prend sa retraite après plusieurs années de forte progression boursière.

Pour que l’outil fonctionne et que le taux de succès soit valable, il faudrait qu’il analyse uniquement les scénarios où je démarre une retraite avec 650,000$ après un long cycle haussier des marchés. Or, la taille de l’échantillon étant très petite (il y a peu de données historiques comparables), sa valeur statistique est très limitée pour déterminer un taux de succès significatif statistiquement.

Une règle plus prudente pour de longues retraites basées sur l’atteinte d’un chiffre plutôt qu’un âge

Miam, miam! Si j’épargne 50% de ces arachides, je pourrai retirer 3.5% de mes réserves chaque année pour le reste de mes jours! … Si j’arrive à me souvenir où sont mes réserves…

Pour de plus longues retraites dont le critère de décision est basé sur l’atteinte d’un montant, sur la base de nombreuses lectures, j’arrive à la conclusion qu’il vaut mieux viser 3.5% ou même 3.25% pour des retraites avant l’âge de 45 ans, si vous ne prévoyez pas d’autres revenus dans le futur que ceux provenant des rendements de votre portefeuille.

Évidemment, ça ne change en rien tous les arguments en faveur de faire le saut avant, arguments que j’ai déjà énuméré, par exemple dans les articles Pourquoi ne pas viser une retraite progressive anticipée?  et Viser l’indépendance financière est risqué! : il y a un plein de façons de protéger même un taux de retrait de 4%, si on considère les possibilités de travail, les pensions comme le RRQ et la Pension de Vieillesse, les ajustements budgétaires à la baisse, etc.

24 réponses sur “Le danger de viser un chiffre pour sa retraite”

  1. Merci pour cet article, c’est une lecture intéressante. Je pense que la règle du 4 % est assez prudente, mais en effet 3,5 % est encore plus prudent. De plus, on oublie souvent (volontairement) d’inclure la SV et la RRQ dans nos calculs, ce qui rend cette règle du 4 % encore plus prudente, car avec les versements de la SV et RRQ, on peut de réduire le montant des retraits…

    1. En effet. Ou on ajoute la valeur monétaire équivalente à ces pensions et on calcule le % souhaité dessus, comme on disait sur ton blogue 🙂

      Pour le côté prudent, pas prudent, ça dépend aussi du niveau de risque qu’on tolère. Personnellement j’aimais au départ être blindé. C’était psychologiquement plus facile pour faire le move. Mais aujourd’hui, je regarde en arrière et je me dis: j’étais donc ben peureux. Avant c’est comme si qque part en dedans de moi j’avais peur de ne plus jamais avoir de revenus.. mais ça n’a pas été long que j’ai pris un contrat et il y en aura d’autres.

      Et je ne les prends pas pour le besoin en argent, les projets m’intéressent vraiment. Le premier contrat que j’ai pris, je crois que je l’aurais fait gratuitement. Je ne pense pas qu’il y a beaucoup de gens qui vont prendre une retraite vers 40 ans et ne plus jamais avoir de revenus (autres qu’investissements).

      1. Oui, absolument. Être à la retraite ne veut pas dire que tu ne prendras plus jamais de contrats. Au contraire, tu as maintenant le luxe de choisir les contrats qui t’intéresse, selon tes propres contraintes…

  2. MrJack,

    Très intéressant. J’aime bien les stats aussi même si avec le temps j’avoue avoir oublié plein de trucs…

    Évidemment il serait plus prudent de prendre sa retraite avec le bon montant au moment d’une reprise qui débute après un crash… mais bon. On a juste une vie à vivre aussi et personne ne sait quand aura lieu le prochain… en théorie.

    J’aime bien les dividendes pour ça… de façon générale, avec un portefeuille bien diversifié, il apparaît que le revenu sera croissant même si certains titres coupent ou stagnent le dividende durant les bear markets. Et ainsi, pendant les marchés bear tu ne perds rien… tu avais 20,000 actions de X,Y,Z et t’as encore 20000 actions de X,Y,Z… ton 3.5% de retrait, c’est le dividende. En théorie bien sûr lol Je sais que tu as tes doutes… comme j’ai les miens.

    Évidemment, je n’ai pas encore trouvé de simulateur pour simuler l’avenir ou le passé de cette stratégie surtout que chaque personne cree son propre portefeuille personnalisé… Donc, je suppose que je devrai me fier à mon instinct et accepter une part de risque.

    Je n’ai malheureusement pas le QI de 228 ou 186 de Marylin Vos Savants pour me permettre d’y voir plus clair… mais j’aimais bien faire des tests de QI et résoudre des énigmes comme passe temps auparavant. Faudrait bien que je m’y remette. J’ai l’impression que mon QI baisse à vue d’oeil en vieillissant… lol

    J’aurais vraiment personnellement dit que des deux portes restantes, comprenant que l’animateur n’aura pas éliminé le grand prix, les chances sont maintenant de 50/50 pour moi et mon unique chance de gagner. D’ailleurs, je ne suis toujours pas certain de bien comprendre cette histoire là lol il va falloir que je relise le tout.

    1. Pour convaincre certaines personnes, j’ai dû utiliser un simulateur et montrer le code Python.

      Mais la meilleure façon que j’ai trouvée d’illustrer pour que ton esprit comprenne, c’est ajouter des portes.

      Disons qu’au lieu de trois portes, je te dis: il y a un milliard de portes, et derrière l’une des portes, un grand prix. Ok, tu choisis la porte #2. Voilà, maintenant, je te dévoile 999,999,998 portes qui ne contiennent pas le prix. Il reste #2 et porte #187,983,874. Gardes-tu ton choix?

      Ça me semble plus clair ainsi que tu avais presqu’aucune chance d’avoir choisi la bonne porte, et que laissant ton choix et une autre porte parmi le milliard de portes, c’est sûrement l’autre la bonne.

      A priori, tu avais 1/1000000000 d’avoir le bon choix. Maintenant, tu as encore cette probabilité d’avoir fait le bon cohix, mais la porte #187,983,874, elle, a 999999999/1000000000 d’être la bonne.

      1. Je dois avouer que j’étais un peu sceptique avec l’exemple des trois portes, mais maintenant je comprends mieux avec l’exemple d’un milliard de portes. C’est très intéressant en effet. Je devrais aller lire l’article détaillé que tu as cité…

    2. Concernant la partie des dividendes, une de mes objections c’est que je suis loin d’être convaincu que lors d’une crise, le fait de payer un dividende steady va aider tant que ça.. 2008-2009 est un bon exemple.

      Des compagnies avec un solide dividende, qui aurait sans doute fitté dans la définition de « Aristocrat » à l’époque, se sont effondrées pour ne jamais retrouver leur lustre.

      Ils ont coupé leur dividendes ou ont fait faillite… Citigroup (de 3.20$ en 2008 à 0.32$ aujourd’hui), General Electric (dividende de 0.31$ en 2008, 0.12$ maintenant), Encana (de 0.40 à 0.015), Bank of America (0.64$ à 0.12$), Pfizer (dividende stagnant à 0.32$ depuis 2008), sans compter les faillites comme General Motors, Lehman Brothers, Chrysler, etc.)… bien sûr, y’a des exemples où le dividende a augmenté, souvent de façon spectaculaire par la suite… comme le prix des actions finalement.

      Je suis pas mal certain qu’un retraité qui avait un taux de 3.5% de dividendes en 2008, si ce 3.5% correspondait exactement aux revenus nécessaires, aurait eu besoin de vendre des actions pour combler le manque à gagner par les coupures des dividendes, même si c’est juste 20% de son portefeuille qui est touché.

      Ce retraité aurait plus tard récupéré grâce à l’augmentation des dividendes des années suivantes. La volatilité du dividende est sûrement moins brutale que la volatilité des prix, mais elle là quand même.

      Pour ça que je trouve que ça revient pas mal au même que de détenir l’ensemble du marché, sauf qu’on travaille un peu plus fort pour essayer d’identifier les bons chevaux. On gagne essentiellement une protection psychologique, l’impression d’avoir un revenu steady et sûr, ce qui est vrai, mais dans certaines limites.

      Ah oui, dernier point: j,ai parlé des avantages de combiner des obligations avec des actions quand on fait des retraits.

      La corrélation inverse de ces actifs permet de rebalancer chaque année et de soutirer ses revenus « automatiquement » de la classe d’actifs ayant le mieux fait. Ça protège autant des les marchés hauts (en vendant des actions) que bas (en vendant des obligations et conservant ses actions).

      Avec une stratégie 100% dividendes, on n’obtient pas cette protection. Si on veut ajouter des obligations pour obtenir cet effet, il devient difficile ces jours-ci d’obtenir 3.5% de rendement global.

      1. MrJack,
        A moins que je ne me trompe, Pfizer avait un dividende a 32 cents par trimestre en 2008 et il aura effectivement fallu attendre jusqu’en 2018 pour le voir lentement remonter à 0.34 par trimestre maintenant. Le revenu de ce titre a ete coupe de moitié du jour au lendemain. Je pourrais aussi nommer des tas de titres qui ont haussé leur dividende et en ont profité pour asseoir encore plus leur dominance. Cela étant dit, ça ne prouve rien et ça ne permet pas de savoir ce qui arrivera lors du prochain crash.

        De là l’importance d’avoir un portefeuille plutôt diversifié et balancé de façon à faire en sorte que tous les titres aient essentiellement le même poids… certains seront coupés, d’autres stallés et d’autres continueront de croitre. Mon portefeuille n’est pas encore rendu là.

        Cela étant dit, effectivement aucune garantie n’est offerte.

        Il n’y a pas de recette miracle.

        Mais je comprends bien tes points.

        J’envisage de plus en plus d’allouer une partie de mes épargnes à un fond total market juste pour le plaisir de diversifier. On verra.

  3. L’autre que je connais de mémoire, c’est celui du test.

    Tu as un test médical qui fonctionne 99% du temps. Ce test vise à analyser tes chances d’avoir la maladie de la Probabilité. Cette maladie est présente chez une personne sur 100,000.

    Tu vas chez le médecin, soupçonnant être atteint de la maladie de la Probabilité. Il te fait passer le test, qui s’avère positif.

    Quelles sont tes chances d’être atteint?

  4. Humm je dirais que tes chances d’être atteint de la maladie sont très très minces… 0.099% ou 0.1% arrondi de chance d’avoir la maladie meme si tu as ete testé positif… environ.
    Est-ce la bonne réponse docteur?
    Soyez indulgent… fait longtemps que je n’ai pas fait de calculs de probabilité! 😉

  5. Oui effectivement. Pour ceuze que ça intéresse, voyez
    https://www.math.hmc.edu/funfacts/ffiles/30002.6.shtml

    Mais en gros, l’intuition est que si tu fais le test à 100,000 personnes, une seule devrait être détectée positive, mais comme le test est fiable à 99%, il va en fait en détecter 1000. Donc en gros, 1/1000 des chances donc 0.1%.

    Il y a même 1% des chances que la seule personne véritablement atteinte ne soit pas détectée et ques les 1000 soient tous faux et c’est pourquoi la réponse n’est pas exactement 0.1%.

  6. Salut Mr.Jack,
    Ton article me jette par terre. C’est l’article le plus utile que j’aie lu dans les cinq dernières années. Ta phrase magique c’est: « Le fait de viser un chiffre nous pousse à la retraite après un bull market. » : maintenant ça me saute aux yeux alors que je ne m’en étais jamais méfié. 600,000$ d’action ne vaut pas pas toujours la même chose que 600,000$ d’action. Remarquable! Merci!

    Je te lève mon chapeau une deuxième fois dans cet article: l’exemple du milliard de porte. C’est la meilleure explication intuitive aux problème des trois portes. Je connaissais déjà le problème des trois portes pour l’avoir entendu d’un prof de stats à l’époque mais je rêvais d’en comprendre l’intuition. Voilà c’est fait ce matin, grâce à ton article.

    Tu fais ma journée! Sur ce, je ne vais plus jamais regardé la valeur de mon portfolio de la même façon.

    Merci pour le infi café!

    Ned

    1. Merci pour ce commentaire Ned, content d’avoir contribué à ta journée 🙂

      Je dois dire que je n’avais pas non plus fait ce constat avant la lecture de l’article que j’ai référé… je me doutais qu’en quittant cette année, mon risque était un peu plus élevé étant donné les rendements des dernières années, mais je n’avais pas tant réalisé que ce phénomène est, en fait, presque systématique pour toutes les personnes qui attendent leur chiffre.

      On pourrait faire l’analyse dans 10 ans (j’assume qu’il y aura alors eu au moins un bear market), mais je ne serais pas surpris qu’on constate qu’il y a plein de blogueurs sur le sujet qui quittent entre 2013 et 201X, et ensuite, presque personne pour un nombre important d’années !

  7. Les actifs de la personne aussi sont à considérer.

    Avoir seulement des actions en fnb, majoritairement dans des comptes imposables et prendre sa retraite  » sur la fesse  » lors d’un marché haussier qui s’étire ça me semble déja plus risqué versus le gars qui dans la même situation a des revenus fixes, des revenus de dividend aristocrat, un fond de pension, de l’immobilier, des terres, etc.

    L’un dépend d’un seul actif fortement évalué dans lequel il souhaite effectuer des retraits sur une base régulière alors que l’autre a beaucoup plus de marge de manoeuvre pour garantir des revenus et utiliser intelligemment ses actifs à son avantage advenant un contexte défavorable temporaire.

    1. Oui effectivement, cet article s’applique principalement aux gens qui ont investi dans des actions (je ne crois personnellement pas que ça soit différent même si les actions versent des dividendes ceci dit, mais c’est un autre débat ;)). Plus une personne est diversifiée, moins elle est a risque de subir l’effet décrit ici.

      Mais pour beaucoup de gens qui prennent leur retraite très jeune, le fonds de pension n’est pas encore une source de revenus, ce qui laisse à peu près juste l’immobilier pour ceux que ça intéresse. Ce n’est pas mon cas donc je suis un peu dans la situation décrite ici: j’ai visé un chiffre et j’ai quitté possiblement vers la fin d’un cycle haussier avec 75% de mes actifs dans des actions.

    2. Salut Maxime,
      Oui c’est vrai, la diversification est très importante. J’en profite pour vous partager ma vision des choses. Pour ma part je garde les yeux fixés sur ma valeur nette plutôt que sur la valeur de mes portefeuilles. Puis j’estime (ça reste un estimé) le seuil de ma liberté comme suit:

      Mon revenu nécessaire pour vivre aisément si les études des enfants sont payées (REEE maximisé), et si la maison est payée:
      20,000$/an après impôts, donc:
      25,000$/an avant impôt nécessaire (selon les tables)
      3.5% taux de rendement approximatif des actifs sans effet levier, donc:
      715,000$ actifs nécessaires pour générer le revenu
      +91,000$ pour rembourser hypothèque résidence
      +25,000$ pour maximiser REEE des enfants
      ———–
      831,000$ : valeur nette nécessaire au bilan?
      -> non pas tout à fait parce qu’une partie de mon avoir net est « capturée » dans des actifs qui ne rapporte pas de revenu, par exemple la valeur résiduelle de ma voiture (4,000$) , la valeur de ma collection de métaux (5,000$), la valeur de mon équité dans ma résidence (47,000$), l’avoir conservé sous forme d’argent liquide (1,000$).

      Ainsi je dois plutôt viser: 888,000$ de valeur nette au bilan. Notons que ce montant « cible » varie légèrement chaque mois. Notons également que la portion de la hausse de ma valeur nette qui provient de la hausse de valeur de ma propriété ne me permet pas d’approcher de la liberté. Autrement dit, si la valeur de ma maison augmente de 10,000$, ça repousse mon objectif de valeur nette de 10,000$ également. Parce que c’est pas vrai que ça prend 10,000$ de moins pour vivre dans une maison qui vaut 10,000$ de plus.

      Afin d’augmenter ma valeur nette le plus rapidement possible, j’utilise diverses stratégies tout en restant diversifié. Donc: générer du revenu de dividendes et du gain en capital provenant de placements sur marge (effet levier) puis générer des revenus de location provenant de propriétés locatives sur lesquelles je maximise l’effet levier également (hypothéqué à 80% de la valeur). Puis essayer de générer du revenu provenant d’occupations « agréables » qui rapportent un bon taux horaire tout en laissant un maximum de liberté (contrats à mon compte dans des domaines qui me plaisent).

      Le jour où la « cible mobile » de valeur nette est atteinte, il me reste un casse tête: comment régler toutes les dettes (hypothèques et marges) et distribuer l’actif net restant entre immobilier, celi, reer, reee, comptes sur marge. Rendu là ce sera un moindre problème ou un « first world problem » comme certains disent. Je pourrais avoir comme objectif de générer 13,000$ de revenu avec 371,000$ d’immobilier net d’hypothèque puis 12,000$ de revenu provenant de 343,000$ de titres en bourse qui versent des dividendes. Si je pouvais trouver une troisième ou même quatrième source de revenu passif ce serait encore mieux pour ma tranquillité d’esprit. Par exemple acheter un site web qui me plait et dont je suis capable de faire l’entretien et qui rapporte 10,000$ (d’ailleurs vous en savez à ce sujet vous?). Les quatre dernières années m’ont beaucoup appris sur les bienfaits de la diversification. J’essaie de diversifier mes actifs mais aussi de diversifier mes revenus.

      C’est l’état de ma pensée actuelle en date de janvier 2018 et ma pensée continue d’évoluer en lisant des blogues comme celui-ci ainsi que les commentaires des autres lecteurs. Aussi, quand je prends le temps d’écrire un commentaire sur ma vision des choses, ça me force à mettre ça au clair dans ma tête pour pouvoir mettre ça au clair en mots.

      Bon -30°C les amateurs de liberté!

      Ned

      1. Ned,

        Je crois que tu es dans les cibles normales, en fait ton plan ressemble au mien, sauf que mes sources de revenus sont moins variées que ce que tu vises.

        Je ne crois pas que pour avoir 20,000$ de revenus après impôts, tu auras besoin de 25,000$ de retrait. Car sur les 20,000$, une partie viendra du CELI (non imposable), une partie des REER pleinement imposable. Quant aux actifs dans les comptes non enregistrés, les dividendes sont très peu imposées et les gains en capital à 50% du montant de gain.

        J’ai un article avancé sur le sujet (avec un calculateur d’impôt pour tenir compte de ces différents paramètres) qui s’en vient, je dois travailler encore un peu le calculateur car c’est assez complexe.

        Pour le site Web, ce n’est pas une mauvaise idée, mais je ne connais pas beaucoup l’aspect financier pour en parler. La seule chose que j’ai entendu parler au niveau de l’achat d’un site, c’est qu’il faut généralement voir ça comme un actif en déclin, sauf exception. Donc un site qui génère 10,000$ va peut-être en générer 5000$ dans 2-3 ans. Le prix payé doit donc en tenir compte et il faut considérer le temps qu’on va passer à la garder à jour. La bonne nouvelle, c’est qu’un site qui génère 10,000$ par an, ça ne devrait pas coûter très cher pour ces raisons, mais je vois ça un peu comme de l’immobilier: c’est un peu se partir une micro-business, avec les pros and cons.

  8. Je suis un peu hors sujet, mais ce qui nous ‘’ ralenti ‘’ aussi, c’est qu’on travaille tous en silo, de façon individuelle, chacun de notre bord.

    Je m’explique.

    Nous sommes tous des investisseurs indépendants effectuant des investissements chacun de notre côté en fonction du capital que nous possédons et du capital autorisé par les institutions financières (prêt) pour investir dans nos projets respectifs.

    Je viens d’une famille d’entrepreneurs et je peux vous dire que la ‘’ grosse game ‘’, elle se joue souvent grâce à des alliances entre différents partis. Par exemple, nous nous regroupons entre agriculteurs pour faire l’achat des intrants au printemps à moindre coûts (rabais de volume). Par ailleurs, nous nous rendons souvent des services entre nous (prêt et échange de machinerie, de main-d’œuvre, de terre, etc). Ces façons de faire, nous permettent de diminuer nos coûts et d’optimiser nos rendements. C’est la même chose au niveau de notre syndicat (UPA), puisque c’est un monopole, les producteurs ont plus de pouvoir de négo face au gouvernement.

    Or, entre investisseurs, si nous arrivions à créer des alliances similaires, à plus petite échelle, il serait probablement possible d’optimiser tous un peu nos choses, nos actifs et leur rentabilité, grâce à l’effet de groupe, les contacts et les compétences de tous et chacun. Présentement, nous partageons de l’information qui nous est utile pour notre optimisation personnelle, alors c’est déjà bien.

    Par contre, plus tu as de ressources, de ‘’ brain ‘’ et de capitaux, plus tu peux investir et développer des gros investissements plus rentables qui ne sont pas à la portée de ‘’ monsieur madame tout le monde ‘’.

    Ça peut aussi être d’échanger ou de faire profiter à quelqu’un d’autre une ressource qu’on est capable d’avoir à rabais.

    À un autre niveau, ça pourrait aussi être juste un groupe facebook privé pour discuter de nos projets et voir comment on peut s’entraider les uns et les autres.

    Bref, je fais juste lancer l’idée comme ça.

    1. C’est intéressant Maxime, mais pour mettre en commun des capitaux et expériences, je crois que l’idéal est de bien connaître ses partenaires. Ça ressemble un peu à se partir en affaires, mais dans un but d’investissement. Je suis passé près de le faire le printemps dernier, avec un groupe d’amis et de connaissances, afin d’investir dans l’immobilier et acheter un 20 logements. Mais on a tous plus ou moins « choké » par la suite, pour différentes raisons, moi en premier. Ma raison est que je sentais que je serais le porteur du projet et je n’avais pas le goût de prendre à ma charge cette responsabilité à la veille du début de ma prise d’indépendance 🙂 Mais c’est peut-être juste partie remise.

  9. Oui, je suis d’accord avec toi que c’est préférable de connaître ses partenaires lorsqu’on se lance dans un projet d’investissement et particulièrement dans de l’immobilier. Tu es  » chanceux  » d’avoir des amis qui s’intéressent à cet investissement et qui t’ont fait cette proposition, car moi mes amis personnels ne sont pas vraiment rendu-là ou bien ça ne cadre pas avec leurs objectifs de vie. Par ailleurs, mes amis, je préfère les garder dans le rôle d’ amis et conserver une bonne relation avec eux, que du plaisir lorsqu’on se voit, plutôt que d’ajouter un volet financier à notre relation et risquer se miner les relations pour des questions d’argent ou juste d’ajouter un stress supplémentaire.

    Mon idée de fond tire plus large que de dire  » on se met tous ensemble pour acheter un multiplex « . Dans les faits, réalistement, ça risque même de ne jamais se produire ou du moins pas à court terme.

    Par contre, si tu sais ce que je recherche et que tu vois une opportunité de placement pour moi qui cadre avec mes objectifs, alors là ça peut devenir imtéressant. Si je sais que Blogueur Masqué a des liquidités et cherche un stock à dividende, je peux lui en proposer si j’en ai dans l’oeil.

    Le but principal du  » mastermind group  » qui serait créé serait surtout de tenter d’aider chacun dans ses projets respectifs. Nous sommes des gens intelligents cumulant plusieurs connaissances et expériences de vie, alors celles-ci pourraient être mise en commun pour favoriser la réussite de nos projets individuels avant tout.

    Si, par exemple, toi, MrJack, tu es bon dans l’informatique, la gestion de projet, et les fnb, Blogueur Masqué s’y connaît dans l’immobilier, la gestion de personnel et les stocks à dividende, BarbeRiche s’y connaît dans les petites capitalisations, la crypto, moi je m’y connais dans le volet agricole surtout, Petite Retraitée est habile sur les réseaux sociaux, Sorcière Frugale a le pouce vert, Jeune Retraité est un as du marketing, combiné à cela nos talents communs d’investisseurs et pour l’écriture, ça fait beaucoup de talent et de potentiel réunis.

    Alors lorsque quelqu’un a un problème, on est peut-être capable de l’aider lorsque nos proches et contacts respectifs ne peuvent pas.

    Moi, personnellement, vite de même, j’ai des contacts pour des pièces d’auto, des pommes de terre, du sirop d’érable, des intrants agricoles, du bois, des plans d’architectes, des traitements de fourmis charpentières, pas cher. J’ai aussi un emplacement de camping dans un terrain boisé et ben du stock que je serais prêt à prêter, échanger, vendre pas cher.

    Alors, ça permettrait de  » centraliser  » nos opèrations sur un même blogue / groupe / forum et regrouper l’offre et la demande pour des objets, des services, de l’information, des possibilités d’investissement, etc.

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