Qu’aimeriez-vous faire dans cinq ans?

Un homme dans la trentaine passe une entrevue d’embauche et se fait poser les questions classiques.

Un manné, la question est: « Qu’aimerais-tu faire dans cinq ans? »

« J’aimerais être aux Îles Turquoises dans une luxueuse villa  avec une top modèle suédoise qui croit que je suis la chose la plus merveilleuse depuis l’invention du pain tranché.

En fait, à bien y penser, j’aimerais faire ça dès maintenant. »

Ceci n’est probablement pas la réponse attendue par un employeur à la question: « où vous voyez-vous dans cinq ans? »

Dans ma vie précédente, j’ai été invité à passer en entrevue d’embauche des dizaines de candidats. Presque jamais comme intervieweur principal, mais plutôt comme le gars qui observe, écoute et pose quelques questions pour éclaircir des points qui auraient pu échapper à celui qui mène l’entrevue. Mais chaque fois que j’entendais l’intervieweur poser cette question clichée, j’étais un peu gêné.

Car évidemment, c’est une question qui pousse le candidat à l’hypocrisie.

Qu’aimeriez-vous faire dans cinq ans?

Quelle est la réponse honnête et réaliste à cette question? Évidemment, on sait ce que l’employeur veut entendre. Mais cette question n’a aucune valeur par ailleurs: ou bien le candidat souhaite sincèrement « faire sa marque dans l’entreprise, gagner la confiance de mes pairs et de mes supérieurs par la qualité de mon travail afin d’obtenir de plus grandes responsabilités », ou bien il va mentir et dire ce que l’employeur veut entendre. Personne ne répond comme la blague en introduction, que, dans cinq ans, il se voit sur une plage avec tout son temps libre.

Mais au-delà du ridicule de cette question d’embauche, comme bien d’autres questions d’entrevue d’embauche, d’ailleurs, y’a quand même quelque chose de sournois. Il y a en fait un paquet de sous-entendus qui mène l’intervieweur à poser cette question, le plus sérieusement du monde:

  • vos ambitions pour le futur devraient être d’ordre professionnelles
  • on s’attend à ce que vous visiez prendre plus de responsabilités, de progresser dans la hiérarchie
  • vous devez avoir un plan de carrière bien défini
  • vous venez travailler non pas pour des raisons alimentaires, mais pour vous développer personnellement et donc,
  • votre job devrait être la chose la plus importante dans votre vie.

Ironiquement, cette question me semble extrêmement pertinente à poser à un employé existant, à condition de bien la formuler. C’est-à-dire, sans sous-entendus. Dans le but de savoir ce que l’employé aimerait changer dans sa job actuelle, tout en étant réaliste dans les attentes. C’est une excellente façon, pour un employeur, de « caster » ses employés dans un rôle qui convient aux deux parties. Cela permet de répondre aux aspirations des employés et, quand ces aspirations sont irréalistes, d’avoir l’opportunité d’en discuter ouvertement plutôt que de laisser l’employé dans l’incompréhension et la frustration de ne pas obtenir la promotion ou le changement de rôle souhaité.

Mais mettons qu’on se pose la question sérieusement, là… comment tu imagines ta job dans 5 ans? Ta vie?

Lorsque j’étais employé, une fois par an, nous avions une rencontre avec notre supérieur, une revue de performance. Mon patron, avec qui j’avais une très bonne relation, me posait parfois cette même question: où te vois-tu dans cinq ans?

Un jour, j’ai répondu: « je me vois revenir à la base, où au lieu d’appliquer mon expérience à la gestion, j’en ferais profiter l’entreprise au niveau technique. En fait, à bien y penser, j’aimerais faire ça dès maintenant ».

Ce jour-là j’approchais de mon « chiffre » visé, celui où je me considérerais indépendant financièrement. Avec le F-U money, j’étais de plus en plus serein lors de ces rencontres, et de plus en plus honnête et transparent. Qu’avais-je à perdre?

Mon patron a eu la bonne réaction. On a creusé la question. J’ai dit que j’avais fait le tour, après plus de dix ans comme gestionnaire. J’ai fait part de mes craintes d’avoir « perdu la main », côté expertise technique, et que j’étais conscient que mon salaire requérait que mon apport soit dès le premier jour très substantiel. On s’est dit qu’on essaierait et qu’on réévaluerait la situation six mois plus tard. On a mis en marche un plan de transition sur trois mois, mais la transition s’est finalement faite plus rondement. Les choses se sont très bien passées par la suite et j’ai pu rapidement apporter une contribution significative dans une équipe ayant un rôle important dans l’entreprise.

Où vous-voyez vous, dans cinq ans?

Au fond, c’est une mauvaise question d’embauche, mais une formidable question à se poser en tout temps. On pourrait se demander plutôt: qu’aimeriez-vous faire maintenant? Mais se poser cette question, c’est la mettre en opposition avec la réalité immédiate, lui faire subir la pression des barrières actuelles. J’ai pas d’argent de toute façon, et on oublie. J’ai pas de formation dans ce domaine, et on oublie. Mes enfants sont trop jeunes et dépendants, et on oublie. Mais dans cinq ans?

Et vous, où vous voyez-vous, dans cinq ans?

 

 

 

11 réponses sur “Qu’aimeriez-vous faire dans cinq ans?”

  1. Encore faut-il avoir un milieu de travail où cela puisse se faire, que de telles rencontres se tiennent et que les réponses soient prises en considération.

    Parce que souvent, l’employeur va juger de tes aptitudes et te placer où il trouve que tu lui est le plus utile, le plus rentable, tout simplement.

    Dans bon nombre d’entreprises ça marche encore à coup de:  » Fais ce qu’on te dit si tu veux avoir ton chèque le jeudi « , surtout lorsqu’il existe un grand rapport de force de l’employeur (propriétaire) sur l’employé (salarié).

  2. Ouais mon article était peut-être pas si clair, mais je ne voulais pas dire par là qu’un employé devrait dire à son patron ce qu’il voudrait faire dans cinq ans à sa job.

    Je voulais attirer l’attention sur le fait qu’en se projetant dans le futur, on élimine les barrières actuelles qui nous empêchent d’approfondir notre réflexion sur ce qu’on souhaite faire de sa vie.

    Si on se pose la question sous la forme (« ce que j’aimerais faire maintenant »), la réflexion risque d’être rapidement ralentie par ce qui rend tout projet difficile: des enfants, notre situation financière, nos responsabilités… mais en utilisant un horizon plus loin (mais pas trop loin), ça élimine plusieurs barrières et ça permet de réfléchir à ce qu’on voudrait vraiment faire et d’agir pour concrétiser le tout.

    C’est possiblement d’ailleurs ce que font ceux qui visent l’indépendance financière, contrairement au reste du monde. Ils se sont posé la question: qu’est-ce que j’aimerais faire dans cinq ans? Ils ont une réponse, et leur plan pour y arriver c’est l’indépendance financière. Les autres se posent même pas la question ou bien devant l’impossibilité actuelle de réaliser leurs aspirations, ils rejettent ça à une lointaine retraite.

  3. Ah oui, c’est vrai.

    À la 1ère lecture, j’ai pris ça au 1er degré dans une logique  » pratico-pratique  » d’une réalité du marché de l’emploi dans certaines entreprises pour certaines classes de travailleurs (ex: ouvriers, journaliers, manoeuvres, non spécialisés, non syndiqués, à faible éducation et à petits salaires dans des PME privées, donc avec une grande asymétrie des pouvoirs et des rapports de force (ça fait un peu Germinal ma comparaison)), mais effectivement, ça s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large au sein d’une réflexion globale sur sa vie en général et l’atteinte de ce que j’appellerais quelques grands objectifs stratégiques.

    S’affranchir du travail salarié, de par la nature et la longévité de l’exercice, ça en est déjà un de taille!

    Globalement, j’ai l’impression que beaucoup de gens vont  » laisser aller les choses  » et plus souvent qu’autrement agir en réaction lorsque les événements surviennent plutôt qu’en préparation et en anticipation afin de bien se préparer pour la suite.

  4. Pour faire suite à la réponse de Maxime. Effectivement… j’appelle ça le syndrôme de la falaise. La plupart des gens attendent d’être en train de tomber avant d’agir. Je dis d’ailleurs souvent à ma blonde qui est bcp comme ça « Anticipe! Anticipe! Anticipe! Cali…. » Elle hait ça! 😉 Reste que quand ça la concerne juste elle c’est une chose mais quand ça touche mes enfants ça me fait suer. Un accident est si vite arrivé.

    À vivre trop dans le présent on en oublie l’avenir et à vivre trop dans l’avenir on en oublie de profiter du présent. Mais, dans la vie il y a assez de merdes qui peuvent arriver et qui arrivent sans que l’on ne puisse rien y faire alors si on peut en éviter quelques unes et se planifier un meilleur avenir en se projetant un peu dans l’avenir pourquoi ne pas le faire?

    By the way, 80% des gens incarcérés font preuve de ce qu’on appelle du « présentisme ». C’est en quelque sorte une incapacité à comprendre la portée de ses gestes dans le futur et à privilégier le plaisir immédiat aux conséquences confuses et lointaines qui se trouvent dans l’avenir quitte à justifier ce qui t’arrive par la suite en te victimisant et disant que c’est le destin pis que t’es pas né sous une bonne étoile ou un classique comme une personne que je connais qui s’est fait prendre en boisson au volant et qui dit que c’est la faute du pharmacien qui aurait mélangé ses médicaments (n’a pas aimé que je lui dise que sur le flacon c’est écrit de ne pas mélanger alcool et médicament anyways mais bon il est alcoolique et prend une 20taine de médicaments aux frais des payeurs d’impôt en même temps que sa 24 depuis plus de 25 ans alors… pour lui une tylenol ça se prend avec 5-6 bouteilles de bière et des anti-dépresseurs).

    Je trouve que notre société est de plus en plus présentiste et dans la pensée magique. Quand c’est pu l’fun on jette et on recherche le nouveau plaisir rapide. On ne répare plus rien. On ne prépare plus rien.

    On dirait qu’il y en a un méchant paquet qui sont pognés dans leur trouble de confiance en soi et d’égo, à passer leurs journées sur les réseaux sociaux à rechercher les likes, l’approbation des autres pour combler leur carence affective… du moins il y en a bcp dans mon entourage lol ça poste tout ce que ça mange, tout ce que ça pense, tout ce que ça fait… de selfie en veux-tu en vla. Ça passe des ti messages dans leur pensée du jour pour qu’on dise « ben voyons ma belle, t’es-tu sûre que ça va? » Et elle de dire « oui, oui, ça va ça va… mais je ne veux pas vraiment en parler » et bla bla bla.

    Pour en revenir à ton article, j’ai interviewé des tas de candidats dans ma carrière et je n’ai jamais posé cette question. Je cherche plus à mesurer les comportements… en posant des questions du style « Parles moi d’une situation que tu as vécu au travail chargée en émotion et impliquant un collègue, un client ou un supérieur. Quelle était la situation? Quelles actions as-tu posées et quels ont été les résultats? »

    Ça permet de mesurer en quelque sorte la maturité de l’individu. Va-t-il parler de conflit d’idées ou de conflit interpersonnel? Comment gère-t-il le conflit? Quelles sont ses compétences en négociation? Recherche-t-il une solution gagnant-gagnant? Parle-t-il au Je ou au Nous? Est-il capable de bien communiquer et de mettre en place une stratégie?

    Il y a tjrs des conflits un jour où l’autre dans une équipe ou avec des clients.

    Moi je préfère recruter des gens autonomes, proactifs, qui ont une approche solution, qui ont un bon jugement et de l’initiative, qui ont une belle prise en charge et maturité émotionnelle. Je n’ai pas le temps de niaiser à gérer des « enfant-adulte » qui en sont encore au stade des crises de bacon, du boudage, qui se victimisent, qui font du drama etc… ceux-là je les laisse aux autres! 🙂 Tsé… à ceux qui demandant « Pourquoi veux-tu venir travailler pour notre entreprise? Tu te vois où dans 5 ans dans ta carrière avec nous? Quel genre d’animal serais-tu? Etc… »

    Ça sert à quoi de poser des questions pour lesquelles tu sais pertinement que le candidat va te répondre de la bullshit pour te flatter dans le sens du poil? À voir qu’il est hypocrite comme 99.999% des humains qui ont un char pis une maison à payer? Ou qu’il est nono comme le reste du 0,0001% qui à cause de leur trop grande franchise ont de maudites bonnes chances de ne pas être recrutés? Quoique moi j’aimerais ça un candidat qui me dirais « dans 5 ans je ne travaillerai probablement plus chez vous ». Ça piquerait ma curiosité. 🙂

    À la limite, je poserais la question « si tu gagnes 5 millions de dollars a la loterie, vas-tu continuer de travailler pour nous? ». Si tu reponds oui je te flush. Soit t’es un menteur. Soit tu manques gravement d’imagination lol Dans les deux cas je ne te veux pas dans mon équipe.

    Moi dans 5 ans j’espère avoir atteint la liberté financière. Ça serait en avance sur mon plan mais qui sait… 😉 et si je gagne 350k ou plus à la loterie, ciao bye! Je ne suis même pas sûr que je repasse au bureau dire bye lol

    Quant à retourner à la base… moi je me considère et j’agis tjrs comme si j’étais a la base. Comme gestionnaire je me vois plutot comme la personne qui est la pour aplanir les road bumps pour mon equipe, qui alloue les bonnes taches aux bonnes personnes, qui va chercher les ressources qu’il faut ou qui pose des questions pour dénouer des impasses et aider mon equipe a progresser. Tous les trimestres je passe plusieurs jours à faire le meme travail que les employes avec eux sur le plancher. Ma job c’est d’aider l’equipe a garder le cap et le moral pendant qu’on atteint nos objectifs. Je fais partie de l’equipe comme une piece du meme puzzle. Je ne suis pas au-dessus d’eux. Je suis parmi eux et ce ne sont pas MES employés. Nous sommes en fait tous des employes a part egale. Alors je ne vois pas l’interet de revenir en arriere. Je n’ai pas « avancé ». J’ai simplement changé de fonction au sein d’une equipe. Je suis « leur boss ». Mais je suis surtout leur collègue qui a simplement un rôle de cohésion d’équipe à tenir.

    Au lieu d’avoir une discussion annuelle ridicule avec eux, j’ai une conversation en continue avec les membres de mon équipe. Je connais leurs forces, faiblesses et aspirations et j’ai aidé pas mal de gens à obtenir des promotions deja. J’ai tjrs trouve ces histoires de bilan annuel forcés et ridicules. Parles moi live. Du feedback 1 an en retard ça ne sert à rien sinon à mettre l’autre en tabarn… Avec moi tu fais une shit, on se parle tout de suite. Tu fais de quoi de bien tu vas le savoir right now aussi. T’as quelque chose à travailler, tu vas le savoir rapidement. J’ai quelque chose à travailler dis le moi. C’est comme ça qu’on forme des équipes fortes! La communication et la maturité émotionnelle. Les compétences techniques c’est important mais ya rien de pire que de travailler avec quelqu’un qui ne sait ni gerer ses emotions, ni communiquer de façon mature, ou encore qui a une faible confiance en soi.

    Alors moi comme recruteur c’est ce genre de question que je pose. Ensuite comme gestionnaire oui je vais chercher à poser la question tu te vois où dans x années pour gerer les attentes et mesurer les ecarts entre la situation souhaitée et les aptitudes etc… pour aider la personne a cheminer…

  5. Quand j’étais gestionnaire, ce n’était pas d’équipe, mais de produit. Je n’étais officiellement le patron de personne et mon rôle par ailleurs très intéressant était de faire en sorte que les choses nécessaires au succès du produit se fassent, sans autorité officielle. Mais ça veut dire passer 80% de son temps en meetings ou en appel conférence avec des clients. C’est ça qui me pesait à la fin.. je débutais ma semaine avec un calendrier déjà à moitié plein, le reste se remplissait à mesure et les quelques trous restants étaient utilisés pour se préparer rapidement au prochain meeting: un ajustement de powerpoint ici, répondre à des emails, aller chercher des réponses auprès des autres équipes, communiquer une information importante…

    Pour revenir à penser au futur vs l’instant présent… pas facile de conserver une bonne balance.. moi je suis du type sur-planificateur. J’ai donc tendance à ne pas assez profiter de l’instant présent. J’essaie de changer ça, maintenant que j’ai moins besoin de penser au futur, mais un projet comme atteindre l’indépendance financière est dangeureux pour quelqu’un comme ça. Par moments je ne pensais qu’à ça!

  6. MrJack,
    J’ai le même problème… je ne pense à peu près qu’à ça lol et à mes kids. ☺
    Difficile d’atteindre la liberté financière rapidement sans un hyper focus. Je sais que le systeme est en place, que je n’ai quxà faire wash-rinse-repeat… malgré tout je suis obsessif compulsif par rapport à ça. Lol

  7. C’est intéressant de visualiser le  » thinking  » des gestionnaires et de savoir les sous-entendus derrière les questions.

    D’ailleurs, vous êtes plutôt nombreux dans ce créneau (gestionnaire ou  » haut placé  » dans une grosse entreprise) à aspirer à l’indépendance financière.

    1. Ça doit être parce qu’on est devenu gestionnaire parce qu’on n’aimait pas la routine à la base. Et aussi, ça doit etre parce qus d’atteindre la liberte financiere rapidement c’est quand meme un beau projet de gestion. Ca demande de l’effort soutenu, de la discpline, de la planification, de la mesure, d’etre capable de se fixer des objectifs smart et de les atteindre etc…

      Bien des gens se sentent bien dans la routine… moi ça m’ennuie. Au moins comme gestionnaire ma job est assez variée… bcp de résolution de problèmes aussi.

      D’ailleurs à force d’avoir constamment des problèmes à régler tu finis par te dire que ça serait bien si on pouvait en éviter une couple… d’où l’importance de recruter les bonnes personnes.

      Je vois souvent des annonces sur la discrimination dans les embauches et les histoires de « compétences égales ». Ça me fait tjrs rire ça. Un… de quelle compétence tu parles? C’est loin d’être évident tout ça. Comme moi j’ai besoin d’un analyste, excellent communicateur, fort en négociation, terriblement bon en pillard et travail d’équipe, autonome, capable de prendre des décisions, de prendre des risques et d’en assumer les conséquences. Fak si t’as 2 MBA qui se présentent avec 5 ans d’expérience dans des tâches liées ou semblables, ils ont peut-être sur papier des compétences semblables, mais dans les faits, je m’en sacre que t’aie un MBA. Ça vient pas avec des compétences universelles et c’est pas un certificat d’intelligence.

      Es-tu wise? Es-tu capable de t’insérer dans mon équipe et d’apporter une plus value? Comment tu te présentes? Est-ce qu’on se sent bien dans la pièce ou tu nous mets mal à l’aise? Ton caractère nous fait quelle impression? Je ressens tu que t’es un bullshiteur, un fouteux de marde? Que disent tes références? Quand je te pose des questions tough sous pression tu t’en sors comment? Et quand je te mets dans tes contradictions? As tu pris ta douche avant de venir? Ohh t’as envoyé ta mere passer l’entrevue à ta place parce que t’avais une game de hockey??? (Oui j’ai deja vu ça pour des emplois etudiants…)

      Tsé mettons que la job c’est trier des lettres? Je pense que d’avoir 2 bras pis de savoir lire te donne des compétences techniques assez égales avec toutes les autres personnes qui ont 2 bras fonctionnels pis qui savent lire. Reste l’agilité et la rapidité à mesurer, la mémoire aussi. Mais le comportement, l’attitude, ce que tu dis, l’impression que tu donnes, ce que tu ne dis pas…. ça joue ben plus que ce que t’as écrit sur ton ti cv pis tous tes beaux diplômes. Et supposons que je vois le poste comme un poste d’entree mais que moi jveux pas quelqu’un qui va coller là 20 ans? Je veux quelqu’un qui serait polyvalent dans une foule de tâches…

      Dans une job ou la relation avec la clientèle est importante et le travail d’équipe prioritaire, il y a des compétences subjectives qui sont plus importantes que les compétences techniques. Je pourrais alors me retrouver à privilégier un candidat moins diplômé mais plus talentueux sur d’autres aspects. Par exemple, sa présence est « charmeuse ». T’as le gout de l’inviter à un BBQ at first sight et tu cherches un representant! Ta prestance est plus importante que d’avoir un doctorat ici. Ben ti-pit a une longueur d’avance. C’est prouvé d’ailleurs que t’as plus de chances de faire une belle vie si t’es beau.

      D’où l’importance à la base de bien definir ce qui est recherche, de se faire une grille de pointage claire et si tu cherches a mesurer des competences ou comportements, il te faut une definition claire de ces competences et comportements avec des indictateurs et des exemples et tes questions doivent aller mesurer ces competences et comportements. Tu dois prendre plein de notes, avoir des temoins et meme enregistrer les entrevues idealement. Parce qu’apres un processus d’entrevue, si tu te fais challenger sur la base des competences techniques style « j’ai une maitrise et vous avez engage le candidat avec un bac vous faites de la discrimiation parce que je suis un martien myope unijambiste metrosexuel qui croit au pere noel ». Tu dois etre solide sur tes pattes pour défendre ton choix devant les droits de la personne. Et tu te dis dans ta tete « criss que je l’avais ben sizé lui… jsuis content de ne pas l’avoir engagé cte ptit cri.. de mange marde là » lol. Mais t’as pas le droit de le dire. 😉

      Y’en a tjrs des comme ça qui se presentent aux entrevues. Ils se voient comme le top des tops mais floppent ben raide et apres veulent se venger.

      Reste qu’au final, une entrevue c’est très subjectif. C’est comme une date. Et c’est pas vrai qu’en une heure on peut bien sizer une personne. D’où l’importance de mettre 1 an de probation et de le mettre à l’épreuve durant cette année là, de faire idéalement plusieurs rencontres avant de decider d’embaucher un candidat.

      Y’en a combien de couples qui apres 20 ans de vie commune ne se connaissent meme pas reellement? Une entrevue d’une heure serait suffisante pour etre lie a un employé forever?

      T’auras beau être le technicien le plus qualifié si t’es pas capable de t’insérer dans l’équipe, si personne ne t’apprécie, si t’as une attitude de marde… si tu sens la crotte de fromage le jour de ton entrevue, ben j’préfère l’autre qui n’a pas de diplôme mais qui est wise et apprécié de l’équipe, qui travaille bien avec eux et qui au global m’offrira un meilleur rendement et moins de problemes.

      Etre gestionnaire, c’est gerer les personnalités. Les gens agissent vraiment souvent comme des enfants si tu leur en laisses la chance. Moi j’essaie de recruter des adultes et je les traite comme tel. J’ai pas de temps à perdre avec ceux qui se vexent a rien, qui se voient président de la cie alors qu’ils n’ont demontre aucune competence ou aptitude depuis qu’ils sont la, ceux qui revendiquent mer et monde comme si tout leur etait du, les drama queens, ceux qui passent leur temps a tout virer en plainte ou harcelement pour se victimiser, les paresseux qui laissent les autres tout faire a leur place etc.

      Etre gestionnaire de personnes c’est pas de tout repos. Si tu savais tous les enfantillages auxquels on assiste. Sans compter les « amis » qui en réalité viennent chialer contre leur chum et le stooler de ci et ça en disant « j’veux pas parler dans son dos mais…. ». « Jsuis pas un stool mais… » comme si de prononcer cette phrase avant de stooler etait deculpabilisant etc… et apres ils sortent de mon bureau comme si de rien n’etait et vont diner avec leur « ami » comme si de rien n’etait.

      Moi ce que je remarque des gens de notre « communauté » c’est que ce sont des gens curieux, plus « intelligents » et cultivés que la moyenne, plus debrouillards et polyvalents. Je ne parle pas de diplomes ici. Je parle vraiment de competences naturelles.

      Par exemple, toi Max, t’as fait le choix de gagner 42k par an. Tu aurais la trempe de faire des tas de choses et tu le sais. Mais tu fais le choix sensé de faire ce dans quoi tu te sens bien. Je me sentirais neanmoins tres a l’aise de te confier un projet x ou y dans un domaine que tu ne connais pas ou peu. Je sens que tu saurais te debrouiller et que tu le menerais a terme. Je ferais la meme chose avec barberiche et mrjack. Vous avez cette chance la d’etre juste naturellement plus vifs que la moyenne, d’etre des gens sur qui on peut compter et a qui on peut confier des responsabilités.

      Moi je vous engagerais n’importe quand hehe et pour avoir passe des tas de candidats en entrevue je dirais que j’ai rarement pu dire ça. J’ai réussi à en engager 1 seul dans votre genre et il n’est pas resté. Promotions, promotions et depart vers d’autres promotions. Normal apres tout. Des gens comme nous on ne garde pas ça captif. On reste de notre propre gré parce qu’on y trouve notre compte et les comptes doivent etre bons, voilà tout.

  8. C’est clair que cette question de  » compétences égales  » ça porte à interprétation.

    Les aptitudes de travail c’est une chose, mais les aptitudes personnelles, ça en est une tout autre!

    Tu peux avoir deux bons candidats avec des formations et expériences de travail comparables, mais au final, il va quand même tout le temps y en avoir un des deux qui sera un meilleur  » fit  » dans l’entreprise.

    Par ailleurs, ça doit être insultant de se faire engager principalement sur la base de son sexe ou de son origine.

    Pour le reste de la discussion, je suis allé sur un terrain un peu plus personnel, alors je t’ai envoyé un courriel.

  9. Salut,

    Mon dernier employeur m’avait posé la question lors de l’entretien d’embauche. J’avais répondu candidement, « je souhaite travailler toute ma vie, mais dans 5 ans, j’aurai la liberté de travailler ou non, alors peut-être que je serai retraité ». Ensuite, on a approfondi le sujet et j’ai parlé de l’importance d’être heureux au travail et mon côté entrepreneurial. Ils ont compris.

    Certes, je suis d’accord avec toi que cette question devrait être reformulée. C’est comme la fameuse question « vos qualités et vos défauts ».

    Ceci dit, à la suite de la lecture de cet article, je me suis posé la question. Je dois y réfléchir, car pour l’instant je n’ai pas d’ambitions particulières. Je dois laisser la poussière retomber et prendre le temps d’apprivoiser ma nouvelle vie.

    Merci pour l’article!

  10. Jeune Retraité,

    J’imagine que beaucoup de retraités vivent ce genre de questionnements. Pour certains, c’est enfin la libération et le temps de relaxer, de profiter de la vie, les loisirs…

    J’ai vite réalisé dans mon cas que je ne suis pas prêt à me laisser aller à 100% et me dire: voilà, le reste de ta vie sera une vie de loisirs. Je n’ai rien contre l’idée, mais quelque chose au fond de moi a besoin de quelque chose de différent. Mon petit côté ambitieux j’imagine.

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