Le véritable effet du « compounding »

C’est connu, la composition des intérêts ou des rendements crée, sur le long terme, beaucoup de richesse. Mais dans la vraie vie, c’est rare qu’une personne va mettre 10,000$ dans un placement et le laisser composer pendant 50 ans. Dans la vraie vie, les personnes qui épargnent voient leur richesse exploser même quand elles n’investissent pas directement l’argent économisé. Elles bénéficient d’une composition d’un rendement en bonne partie caché!

Prenons une étude de cas fictive pour comparer deux situations. Lea et Fannie gagnent toutes les deux 50,000$ par année et sont toutes deux âgées de 30 ans.

Au jour 1, Lea a 50,000$ dans ses épargnes dans un compte CELI, tandis que Fannie n’a épargné que 10,000$. Selon l’approche traditionnelle, on dirait que Lea, si elle met le 40,000$ de différence dans un placement à 6% de rendement annuel, aura 171 674 $ de plus que Fannie dans 25 ans. 

Mais qu’arrive-t-il dans la vraie vie? Imaginons le scénario suivant: chacune des femmes, à partir du Jour 1, aura les mêmes dépenses et taux d’épargne. Toutes deux vont acheter une maison au jour 1. La seule chose qui distingue les deux femmes, c’est ce 40,000$ d’avantage qu’a Lea sur Fannie. Combien d’argent cela peut-il réellement représenter 25 ans plus tard?

Au moment d’acheter une propriété de 200,000$, Lea peut se permettre une mise de fond de 50,000$ alors que Fannie ne peut que mettre 10,000$. En partant, Fannie se retrouve avec un supplément de 7600$ de prime d’assurances hypothécaire à payer, qu’elle devra financer. Chaque année, Lea économise environ 3300$ de plus que Fannie grâce à cette mise de fond. Si elle investit dans un CELI ce montant avec le même rendement de 6% que celui utilisé en introduction, c’est 180,000$ de plus qu’elle a économisé et non pas 171,674$ si les deux n’avaient pas acheté de propriété. Pourtant, j’ai utilisé un montant d’hypothèque moyen de 4.8% sur les 25 ans, cela aurait dû réduire son avantage par rapport aux placements de 6%.  Évidemment, la raison principale expliquant la différence, c’est le 7600$ d’assurances hypothécaire qu’il a fallu payer et financer. Ce 7600$ fait partie du rendement, mais on le calcule rarement.

Mais ce n’est pas tout. Lea peut mettre les 3300$ annuels économisés dans son REER. Par cet effet de levier, elle pourrait ainsi économiser plus de 1000$ d’impôts de plus que Fannie. Si j’ajoute ce 1000$ et son rendement composé, c’est maintenant 235,000$ de plus que possède désormais Lea!

Il se pourrait aussi que pendant un moment de vie difficile, une perte d’emploi par exemple, Fannie ait à emprunter à des taux d’intérêt élevés ou qu’elle ne soit pas en mesure de payer ses cartes de crédit. Chose certaine, Lea a plus de marge de manoeuvre avec son paiement hypothécaire réduit et son dossier de crédit est possiblement globalement meilleur.

Tout ceci pour dire que l’intérêt composé, tel qu’on le présente, peut avoir un effet encore plus marqué quand on tient compte de la réalité. Dans la vraie vie, on achète des maisons, on prend (ou pas) des REER, on doit emprunter face à des imprévus, etc.

L’avantage d’un 40,000$ en début de vie peut s’avérer être beaucoup plus grand que la simple composition du rendement obtenu sur ce 40,000$. Ce 40,000$ pourrait permettre de faire des études supérieures, et gagner un salaire plus élevé par la suite. De payer pour des réparations qui autrement nécessiteraient un emprunt personnel. On peut s’en servir comme levier, en évitant des frais comme la SCHL lors de l’acquisition d’une maison, ou en utilisant des véhicules comme les REERs et REEE pour obtenir un rendement immédiat via l’économie d’impôts.

Il peut permettre d’obtenir la part de cotisation de l’employeur à un REER, qui autrement pourrait être difficile à obtenir si nos paiement hypothécaires sont tellement élevés qu’on peine à joindre les deux bouts. Il peut permettre de faire un paiement sur l’achat d’une voiture et réduire ainsi substantiellement le taux d’intérêt appliqué à son financement.

Dans l’exemple utilisé, j’ai assumé qu’à partir du moment où on regarde les 25 prochaines années, les comportements de Lea et Fannie sont identiques. Si Lea continue de mener une vie plus frugale que Fannie, son avantage financier va exploser encore plus! Et encore une fois, elle n’est pas obligée d’investir les économies directement dans des véhicules financiers. Après 25 ans, elle pourrait injecter ses économies dans l’achat d’une nouvelle maison, plus chère, si c’est ce qu’elle souhaite. Même si acheter plus cher que nécessaire côté habitation n’est pas forcément le meilleur placement, c’est mieux que de dépenser l’argent dans des restaurants ou en voitures, car au moins le capital est relativement protégé, tout en profitant des avantages d’une maison plus grande ou mieux située!

Tout ceci pour dire que même si vous ne pensez pas pouvoir investir directement votre épargne pendant une longue période de temps tel que simulé par les calculs de rendements composés, chaque dollar épargné tôt dans votre vie et bien utilisé par la suite aura quand même un effet combinatoire qui risque de vous avantager pour le reste de votre vie!

 

12 réponses sur “Le véritable effet du « compounding »”

  1. MrJack, comme je le dis de temps en temps, si j’avais réellement compris (j’avais compris le calcul mais j’étais jeune et fougueux et attendre 20-30 avant d’être riche ça me faisait rire… comme un idiot..) tout ça à 20 ans j’aurais tout fait pour épargner au moins 100,000$ avant 30 ans.

    Je compte épargner 100k pour chacun de mes enfants pour leur 20 ans et leur donner l’éducation financière qui vient avec. S’ils ne sont pas cons, ils pourront faire des miracles avec ça, être libre de leur temps à 30-40 ans, ou encore faire ce qui les passionne au lieu de travailler dans une job pour payer des factures.

    Juste en 4 ans de focus c’est fou ce que j’ai accompli grâce à un peu de frugalité et à l’intérêt composé non seulement financier mais dans les gestes. Chaque bon move fait des petits…. 80k d’hypothèque remboursé, presque 175k d’épargne globale… l’état de ma maison s’améliore etc…

    J’ai repris une dette avec quelque travaux et la roulotte mais (environ 20k) mais sinon ma situation financiere est impeccable et pourtant il y a 4 ans je ne voyais pas la lumiere au bout du tunnel…

    L’expression « travailler… c’est pour les cons » commence à prendre tout son sens. J’ai été con. Là… je suis un peu moins con lol

  2. ahahah 🙂

    Le montant n’est pas aussi élevé, mais ma mère avait mis de côté, en mon nom (et sans me le dire), 10,000$ environ. Quand j’ai terminé mon bacc elle m’a donné le certificat de dépôt garanti, qui venait bientôt à échéance… à 11% d’intérêts!

    Avec ça, j’ai remboursé mes prêts étudiants. Ce petit avantage sur d’autres, pas nécessairement super grand, a sûrement aidé pour la suite.. j’ai acheté une maison assez jeune (j’avais 23 ans).. ¸ça n’a pas été un succès sur toute la ligne, mais comme à l’époque je me fichais pas mal moi aussi d’épargner, ça m’a permis de mettre de l’argent de côté. Et acheter cette maison me revenait moins cher qu’un 4 1/2 d’étudiant à l’époque. Comme j’avais pas de dette étudiante, j’ai pu mettre un bon pourcentage pour payer peu de SCHL (sur sur maison de 60,0000$ c’est pas trop difficile :).. donc à quelque part, j’ai bénéficié de cet avantage composé..

    Par contre, j’ai été stupide aussi. J’ai travaillé toute ma jeunesse. J’ai passé des journaux (parfois trois en même temps), et dès 16 ans, j’ai commencé à travailler à l’année longue: à temps plein l’été et le reste de l’année les fins de semaine. En plus de ça, j’aidais mon père en saison des impôts, il me payait 5$ par rapport d’impôt (les plus simples), j’en faisais peut-être deux à l’heure!

    J’avais BEAUCOUP d’argent. Je payais la bière, des cigarettes et la pizza à mes amis, je flambais tout, j’achetais leur amitié en fait. Avant de commencer le cégep, j’avais probablement gagné l’équivalent de 30,000$ en argent d’aujourd’hui, net d’impôts. Mais j’ai commencé le cégep sans un sou.. je devais avoir 100$ dans mon compte 🙂

    1. MrJack,
      Moi aussi les journaux… la presse et jdeM… et ensuite des jobs à 25-30$ de l’heure 16-30h semaine.
      J’ai tout brûlé en auto, bars, road trip, vetements, frais de scolarite et accessoires de sport. Je suis sorti de l’université sans rien… pas de dettes, pas de cash et un diplome inutile puisque je ne fittais pas dans mon domaine.

      Moi je ne payais pas pour mes amis… donc je n’en avais pas lol nah je blague! J’en avais quelques uns mais ils me trouvaient cheap de pas payer parce que moi je faisais la palette… on s’est perdu de vue… pas une grosse perte.

      Mais moi j’ai pris quelques etes off. Je travaillais les week ends et je slaquais mes heures. L’été c’est fait pour jouer! Déjà j’haïssais travailler lol

      Je pense que les journaux m’ont brûle lol j’ai commencé à 10 ans 7 jrs sur 7… c’était juste trop. Si c’était à refaire je ne le referais pas et je ne vais pas trouver de jobs comme ça à mes kids. Je préférerais qu’ils se partent leurs propres petites business et se plantent et se réessaient etc… ou qu’ils jouent et profitent de la vie. D’avoir à livrer ça tous les jours pendant des années ça m’a fait suer… j’ai perdu une partie de mon enfance là-dessus. Lol meme aller en vacances c’etait complique… meme malade fallait que j’aille livrer mes journaux avec la fievre. Et la maudite collecte… le monde me payait jamais fallait que gosse tout le voisinage 2-3 soirs par semaine pour des 5-6$.

      Moi ma maison je voulais l’acheter à 22 ans mais finalement on commençait ensemble mon ex et moi alors on attendu que le couple soit plus mature… j’ai donc acheté à 26 ans, après que les prix aient presque doublé en 4 ans et juste avant que les taux tombent… grrr. J’ai payé 180k pour une chiotte pas entretenue. C’est la pire erreur de ma vie.

      Là j’ai commencé à arracher mon vieux sous sol et ça va me coûter un bras le refaire… la dalle est perte totale esthétique à premiere vue. Dommages par la pyrite… plein de petites fissures partout.. c’est frustrant. Tout refaire coute 30$ du pied carré (le beton) et reparer les fissure c’est une job de moine… j’en ai pour plusieurs weekends… et ca va rester affreux avec quelque denivellés ici et là car certaines craques ont gonflé la dalle. Et ma blonde veut demenager à tout prix d’ici 5 ans car on a un garçon et une fille. Elle veut une maison plus grande, que les kids aient chacun leur chambre au rez de chaussé, un quartier plus familial… ici c’est juste des vieux baby boomers. Donc il y a de fortes chances pour que je me ramasse à me claquer tous ces travaux pour vendre après… sans faire un sous voir perdre. Ou alors je vends tel quel avec une méchante grosse perte si j’arrive à vendre… deux choix assez poche. Ça fait longtemps que le plaster est collé sur le bobo et je n’arrive pas à me décider à tirer dessus d’un coup sec pour crier ouch!

      Ma « première maison » je vais m’en rappeler toute ma vie. Elle ne m’aura apporté que du stress et du stress et encore du stress et bcp de frustrations. Ce qui est bien par contre c’est qu’elle m’a motivé à faire augmenter mon salaire car je me suis dit « ça va prendre du cash rénover ça! Trouves le moyen d’en faire! »

      C’est juste que maintenant que j’en fais, j’ai juste envie de l’économiser, pas de le flauber sur des rénovations plates comme casser et recouler du béton 🙁

      Attendre aussi fait de l’intérêt composé… dans mon stress et dans les coûts de rénovation.

      Bref, fallait que j’en parle lol

  3. J’ai vécu la même affaire pour les journaux… y’a ceux qu’il fallait collecter et les clients payaient pas. Manquer se faire bouffer par un chien pour 0.50$ de tip par des clients qui avaient pas tous l’air de savoir lire. Tk!

    Platte pour tes histoires de maison, vraiment désolé. 30$ le pied carré ça me semble pas si cher..

    faut pas tout casser le béton de la dalle du sous-sol au complet, enlever une bonne couche de remblai, remettre du bon concassé, couler une nouvelle dalle, etc.?

    1. MrJack,
      Oui faudrait tout faire ça en effet pour faire une belle job.
      Jai plus de 1000 pi carre… Evidemment, mon sous sol est fini au 3/4. donc il y a l’arrachage… Plus refaire le sous sol au complet ensuite… c’est pas inclus dans ce prix.

  4. Ok, j’aurais pensé que c’était plus cher que ça (c’est quand même un gros coup à donner, je veux pas minimiser, c’est + la nature des travaux, ça sonnait 5000-8000$ dans ma tête).

    Si j’étais toi je pense que je ferais la job au complet (pas juste patcher les fissures) ou je vendrais tel quel. Si tu patches, tu risques d’être obligé de déclarer ça à la vente et ça pourrait faire perdre plus du 3000$ de valeur, surtout si tu refinis ton sous-sol par dessus les fissures. Du moins c’est mon impression, je ne suis pas spécialiste.

  5. MrJack:  » Manquer se faire bouffer par un chien pour 0.50$ de tip par des clients qui avaient pas tous l’air de savoir lire. Tk!  »

    C’est dont ben drôle ça!

    Un moment cocasse d’une de mes jobs d’été, c’est quand je ramassais des fraises à 2$ le panier. À la fin de l’avant-midi, on avait notre paie, donc, au final, on travaillait en réalité à 8-10$ de l’heure et c’était une job assez difficile pour des kids (passer son temps à genoux). Après c’était de voir mon cousin aller claquer la moitié de sa paie en quelques minutes en allant acheter un paquet de cochonneries (liqueur, chips, tarte) au kiosque du producteur et aller manger de la poutine et des burgers au casse-croûte de l’autre bord de la rue. lol

    Pour ta maison, je suis pas mal de l’avis de MrJack.

  6. Ç’aurait été pas pire, mais l’histoire dit que le casse-croûte a fini par fermer pour cause d’insalubrité (notamment).

    Honnêtement, c’était un peu louche comme cabane à patate.

    1. Max et mrJack,
      J’ai travaillé dans une job hyper répétitive et ennuyante de nuit et ensuite de jour (2 shifts de 8 a 12h par week-end). Le dimanche soir on était claqué de cette culbute alors la majorité du temps on se ramassait à la cage aux sport ou quelque chose du genre aller claquer 100$ en biere et bouffe… et souvent après on finissait ça ailleurs dans un bar… claquer un autre 100$… c’en était ridicule… mais c’était comme la rançon pour avoir gaspillè notre week-end dans une job plate. Ensuite la semaine d’école recommençait… et le manège recommençait.
      Voilà comment je me suis retrouvé sans épargne après mes études malgré mes bons salaires.

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