Pourquoi l’approche « Couch Potato » fonctionne bien

Un peu en réponse à l’excellent article de Blogueur Masqué (Serait-il plus logique d’investir dans un fonds indiciel qui suit le S&P500 que d’utiliser la méthode Dividend Growth investing?), j’aimerais préciser ici l’approche que je préfère personnellement et les raisons qui motivent ce choix. D’abord je précise que je n’ai rien contre l’approche par croissance des dividendes et que dans l’ensemble, je suis d’accord avec les conclusions de l’article. Par contre, je tenais à préciser certains avantages de l’approche indicielle, qui n’ont rien à voir avec les rendements théoriques de chacune des approches.

Je suis jaloux du portefeuille de ma conjointe. Son portefeuille est celui décrit dans Le Portefeuille InfiCafé, portefeuille que j’ai essentiellement piqué à Canadian Couch Potato, auquel j’ai apporté de légères modifications pour tenir compte des différents comptes (CELI, REER, non enregistrés) dans lesquels sont détenus les titres pour optimisation fiscale. Alors que son portefeuille contient trois titres, je n’ai aucune idée de combien j’en ai pour ma part, parce que je devrais les compter un par un et que Disnat est trop stupide pour me le dire. Ça doit être 60 ou quelque chose comme ça. Le reflet d’une vingtaine d’années où j’ai alterné entre approche active et passive.

L’approche Couch Potato

D’abord, un rappel de l’approche « Canadian Couch Potato » (qui elle même est le reflet d’une approche prônée par plusieurs investisseurs, ils n’ont rien inventé):

  • on investit dans quelques fonds indiciels, idéalement des FNBs (mais ça peut être des fonds mutuels si les frais de gestion sont peu élevés). Il est possible de constituer un portefeuille intéressant uniquement avec deux FNBs: ZAG (obligations) et XAW (FNB investissant dans les 5000 plus grosses entreprises dans le monde, pondéré par leur valeur en capital). Dans le portefeuille modèle, une composante canadienne (VCN) est ajoutée, ce qui permet de réduire la volatilité liée aux taux de change.
  • ces fonds touchent aux deux principaux types d’actifs: les obligations (des prêts que vous faites aux entreprises, donc de la dette) et les actions (des parts des entreprises que vous détenez)
  • la répartition entre actions et obligations dépend de votre tolérance au risque. Les obligations sont moins volatiles et souvent inversement corrélés aux actions (quand l’un baisse, l’autre monte). Pour ma conjointe, j’ai choisi 60% d’actions et 40% d’obligations.
  • Vous aurez alors une cible à atteindre, par exemple, ma conjointe: 20% VCN (actions canadiennes), 40% ZAG (obligations), 40% XAW (total mondial)
  • les fonds indiciels d’actions visent à reproduire ce qu’on nomme un index « total », c’est-à-dire qu’il représente la totalité du marché (grosses, moyennes et petites capitalisations, sans discrimination selon le secteur d’activité ou autres paramètres autre que la valeur au marché de la compagnie)
  • la procédure d’accumulation est la suivante: à chaque fois que vous avez un montant pré-déterminé de disponible à l’investissement (1000$, 3000$ ou 5000$, par exemple), vous investissez dans le titre qui est le plus en bas de sa cible. Ainsi, si vous avez présentement 15% VCN, 42% ZAG, 43% XAW et que vous avez 3000$ à investir, vous investissez dans VCN pour que le portefeuille « tende » vers la cible. Il n’est pas nécessaire d’atteindre la cible exactement.
  • la procédure de décaissement est similaire, mais à l’inverse, vous retirez une somme du titre qui est le plus au-delà de sa cible. Dans l’exemple précédent, pour retirer 3000$, c’est de XAW que je le prendrais.

Alors quels sont les avantages de cette approche?

  • Cette approche ne prétend pas être « meilleure », bien au contraire. Elle prétend en fait être moyenne. En fait, toutes les autres approches, prises ensemble, ont pour moyenne, à toute fin pratique, l’approche indicielle totale. Car l’approche indicielle totale représentant la totalité du marché, le rendement total est le reflet du rendement de toutes les entreprises inscrites à la bourse, et ce rendement est lui-même déterminé par l’ensemble des décisions prises par l’ensemble des investisseurs, qu’ils soient actifs (stock picking), semi-actifs (dividendes en croissance, ou Dogs of the Dow par exemple) ou passifs
  • Pourquoi viser la moyenne? Parce que plusieurs comme moi croient qu’il n’est pas possible de faire mieux que la moyenne de façon prévisible. Dit autrement, en moyenne, on fait la moyenne. Essentiellement, c’est le hasard qui fera qu’un investisseur actif fera moins bien ou mieux. Mais comme investisseur passif, vous aurez un avantage, tout petit, mais significatif: comme l’approche est passive, personne n’a besoin de « travailler » pour sélectionner les titres. Ni vous, avec votre temps personnel, ni un gestionnaire qui se paie à même les frais de gestion. Donc essentiellement, vous obtenez un rendement en moyenne aussi bon que la moyenne de tout ce que les autres investisseurs font AVANT la prise en compte de la valeur du temps consacré à la gestion du portefeuille. Si vous prenez en compte la valeur du temps (le vôtre, en heures, ou en dollars dans le cas des fonds actifs sous forme de frais de gestion).
  • L’approche proposée comporte plusieurs avantages au niveau de la diversification: 1) la diversification est mondiale, bien que ça ne soit pas obligatoire 2) la diversification est généralisée dans tous les secteurs de l’économie (finances, santé, immobilier, etc.) 3) la diversification se fait à travers les deux principaux types d’actifs (obligations et actions), ce qui réduit beaucoup la volatilité sans sacrifier beaucoup les rendements obtenus et 4) la diversification se fait dans le temps: vous n’essayez jamais de choisir la meilleure entreprise dans laquelle investir à un moment précis, ni le meilleur moment pour investir. Dès que vous avez un montant prédéfini, 1000$, 3000$ ou 5000$ à investir, vous le faites à ce moment-là, peu importe l’état des marchés. Peu importe que Microsoft soit peut-être sur-évalué et que General Motors soit sous-évalué: vous achetez les deux (en fait, vous achetez les 5000 entreprises de l’index!). Après tout, peut-être que le temps dira que Microsoft était en fait sous-évalué, et que c’était General Motors qui était sur-évalué.
  • Cette approche vous fait systématiquement en phase d’accumulation acheter dans une classe d’actif quand son prix est bas , plutôt que dans ce qui est cher. En effet, si par exemple les actions ont beaucoup mieux fait que les obligations, c’est la partie obligations de votre portefeuille qui sera en « déficit » par rapport à la cible, et l’approche vous fera automatiquement favoriser cette classe d’actif. En phase de décaissement, vous obtenez le même avantage, mais au lieu d’acheter quand les prix sont bas, vous vendez plutôt les classes d’actifs dont le prix est élevé
  • En suivant une telle approche, votre portefeuille est très simple. Vous n’avez pas besoin de rebalancer votre portefeuille, car le tout se fait automatiquement en achetant ou vendant le titre, parmi les deux ou trois, qui est le plus éloigné de la cible. De plus, il est plus facile de calculer votre rendement total avec 3 titres que si vous en avez 50. Vous avez toujours un portrait clair de votre situation.
  • En suivant cette approche, vous enlevez le plus gros facteur de risque: vous. Vous vous diversifiez de vos propres décisions, pour utiliser la combinaison des millions de décisions d’investisseurs. Collectivement, ils travaillent pour vous. Même en tentant de suivre une stratégie pré-définie (exemple: les Dogs of the Dow, ou les Aristocrates), il est presque certain que vous allez diverger de la stratégie à un moment ou un autre. Le marché vient de crasher? L’émotion pourrait vous faire choisir les mauvais titres. Avec l’approche indicielle, vous risque moins d’être biaisé dans vos choix par vos émotions (bien que ça puisse arriver quand même si vous manquez de discipline).
  • Par contre, pour un investisseur passionné par la bourse, c’est un portefeuille ennuyeux, car il n’y a rien à faire.

22 réponses sur “Pourquoi l’approche « Couch Potato » fonctionne bien”

  1. Ce serait le genre d’approche qui conviendrait pour quelqu’un comme mon père, par exemple, qui n’aime pas se casser la tête avec la bourse, mais qui veut aller chercher le rendement du marché, avec le moins de frais possible et qui, par ailleurs, n’est pas encore rendu à la retraite, donc qui a encore des rentrées d’argent et pas besoin de décaisser pour le moment.

  2. MrJack,
    Pas con comme approche mais avec quelques reserves.

    D’abord « pondéré en fonction du market cap », regarde Tesla la grosse baloune, Aurora cannabis (3 milliards pour une cie qui a quoi comme marché au juste???)… Je ne voudrais pas investir de façon pondéré là-dedans et c’est d’ailleurs l’un de mes principaux reproches faits à l’investissement indiciel. L’objectif d’un indice est de représenter le marché, pas d’en faire un véhicule d’investissement. Cette pondération inclut donc la spéculation faite sur des cies qui n’ont pas de revenus, parfois même pas de produit fonctionnels et viables mais pumped par des investisseurs à court terme.

    Ensuite 5000 titres c’est anti-Buffett qui prône la concentration vs dilution. Pourquoi? Parce que les vrais champions sont rares…

    Ensuite… Les obligations. De mémoire mes lectures entrent un peu en contradiction avec ce que tu dis. Obligations = aussi volatils qu’actions avec rendement moindre. Moi je ne veux clairement pas d’obligations dans mon portefeuille.

    Par contre, l’approche est simple, securitaire et je suis assez d accord avec toi que l’investisseur moyen obtiendra a long terme fort probablement le rendement moyen du marché à condition de ne pas être son pire ennemi! Par contre au dela du hasard il y a Munger et Buffett qui roulent a 19% compose depuis plus de 50 ans notamment. Donc il y a moyen de faire plus que le marche mais pas juste en achetant des titres comme je le fais.

    Je doute que j’obtiendrai plus que le rendement moyen moi meme et meme qui sait…. Je fais des erreurs constamment. 🙂 il est a envisager que dans 10-15 ans je me dirai nono t’aurais du acheter l’index!

    By the way il y a une fille de telequebec qui cherche a interviewer des blogueurs de notre niche. Ça t’interesse? Moi non lol

    1. Blogueur Masqué,

      Les obligations, seules, ont peut-être une volatilité aussi grande. Mais combinée aux actions, ça diminue la volatilité du portefeuille entier. Fais des simulations avec cFireSim (et regarde la médiane et l’écart moyen), ou regarde juste les rendement sur 25 ans de différents portefeuilles (http://canadiancouchpotato.com/wp-content/uploads/2015/01/CCP-Model-Portfolios-ETFs-2016.pdf). Si tu regardes le rendement sur 20 ans de « aggressive » (90% actions) vs « balanced » (60% actions), on voit que le rendement est presque identique, mais l’écart-type est beaucoup moins élevé pour « balanced ». Le pire rendement sur un an pour Balanced est -19% vs -31% pour aggressive. Tout ça au coût de 0.07% de rendement. J’imagine que 100% actions est encore plus prononcé.

      Pour la pondération, avec 5000 entreprises, Tesla ne pèse que 0.13% de Russell 3000, donc il doit peser moins de 0.1% d’un index total. Même si Tesla fait faillite demain, tu perds 0.1% de rendement. Mais qui dit que Tesla, finalement, ne va pas continuer à monter? Peut-être qu’il y a 5 ans, tu n’aurais pas investi ni dans Tesla, ni dans Amazon, ni Apple il y 10 ans, et tu aurais manqué de bonnes occasions. Avec le « total », tu n’as pas besoin de choisir. De temps en temps, il y aura un Nortel, mais un Apple + Amazon + Google + Tesla + tout le reste compensent largement.

      Ouais j’ai été contacté par deux journalistes cette semaine, biz! Journal de Montréal et Télé-Québec. Mais je tiens à l’anonymat 🙂

  3. Bonjour Mr Jack,

    Tout d’abord, félicitations pour votre article! Je ne l’ai pas encore expliqué sur mon blogue (http://retraite101.com/), mais mon employeur propose un REER collectif où il égale nos cotisations (1 pour 1) jusqu’à concurrence de 6 % de notre salaire brut (donc 12 % au total). Non seulement c’est un REER collectif intéressant pour une entreprise privée, mais en plus nous avons accès à des fonds communs de placement dont les frais de gestion de placement (FGP) ont été négociés à 0,5 % en moyenne (principalement des portefeuilles BlackRock). Donc, sans grandes surprises, je cotise au maximum pour profiter des cotisations égalées par mon employeur. Pour le reste de mes investissements (REER, CELI, REEE, etc.), j’investis dans des fonds communs de placement ici et là dans plusieurs institutions financières où je paie des FGP de 1 % à 2 % en moyenne. Mais actuellement, je travaille pour regrouper ces investissements et les gérer moi-même selon l’approche « Couch Potato » que je trouve très intéressante. Je suis un investisseur passif, dû moins pour le moment, donc j’aime bien l’idée de rendement « moyen » à long terme (suivant les indices) et sans payer de FGP élevés.

    Au plaisir de lire votre prochain article.

    Bonne semaine.
    Retraite101

  4. Avec un employeur qui fait du 1 pour 1, peu importe les frais, y’a rien qui bat ce rendement initial! 🙂

    Parmi les leviers du genre sous-utilisés: les fonds de style FTQ (dans ce cas-ci, ce sont les gouvernements qui donnent environ 0.30$ par 1$, donc on a un bonus de rendement initial d’environ 30% qui est réparti sur la durée de détention, au-delà de 5-10 ans c’est perdant étant donné les rendements moindres, mais c’est très avantageux pour une personne proche de la retraite), le REEE, etc.

    0.5% c’est quand même bon pour des fonds. À partir du moment où vous avez plus de 25,000$ là, par contre, il y a un gain à transférer l’argent. Je ne sais pas où vous en êtes, mais vous regarderez la possibilité de transférer l’argent. J’ai eu aussi un REER collectif, moins généreux (1 pour 1 jusqu’à 2%, donc 4%), mais pour profiter des cotisations au REER automatiques sur la paie avec économie immédiate d’impôt, j’ajoutais 10-12% pour me rapprocher de mon maximum. J’accumulais donc rapidement. Quand mon REER atteignait autour de 25,000-40,000$, je transférais chez Disnat. Des frais de 50$ ou 100$ (je me souviens plus) étaient compensés en partie par un crédit de commission chez Disnat, donc au moins je n’avais pas à payer mes achats en plus des frais de transfert. En changeant pour des FNBs avec frais de moins de 0.1%, sur 25,000$ tu économises à partir de la deuxième année 100$ en frais, donc pour moi c’est à peu près la limite du « ça vaut la peine de se donner le trouble ».

    Pour revenir aux frais, je dirais qu’ils font mal quand le portefeuille devient plus important. Ça ne fait pas beaucoup de différence sur le temps que ça prend pour accumuler disons le premier 100,000$, parce qu’à ce niveau, le portefeuille grossit surtout grâce aux contributions, et les fonds mutuels c’est quand même pratique pour faire de petites contributions fréquentes.

    Mais les frais de 2% ou même 1%, c’est inadmissible avec un portefeuille qui grossit. Avec le miens, 700,000$, 2% serait 14,000$ de frais par an, c’est 62% de mon budget annuel. Même les meilleurs FNBs, à 0.10% de frais, me coûteraient 700$ (3% de mon budget) et ça me fait mal. Dans la réalité, j’ai un mélange d’actions individuelles et de FNBs à bas coût.

  5. Par contre, investir dans un fond indiciel comme XAW ou un autre répliquant le S&P500, c’est quand même aussi une grosse exposition à un secteur volatil et imprévisible, soit celui des technologies!

    Combien de ces entreprises sont au top en ce moment et seront au fond du classement dans 10 ans? Qui parle encore de Yahoo?

    En plus, il y a plusieurs de ces grosses entreprises là qui se sont déjà énormément appréciées depuis la dernière année et dont la  » balloune  » risque de se dégonfler éventuellement, car les évaluations sont élevées.

    Moi quand je regarde mes actions de Coke, je sais que leurs produits ne disparaîtrons du jour au lendemain. Dans la techno, à moins d’avoir un avantage concurrentiel (ce qui est plus rare), tu es toujours à une innovation près de tomber de ton trône!

    1. Maxime,

      XAW ne réplique pas le SP&500. Il réplique un index constitué de plus de 8000 titres répartis dans toutes les bourses du monde (dont 22 pays développés et 23 marchés émergeants), c’est pour ça qu’on dit qu’il est « Total ». La pondération des technos est de 17%, et sa reflète le poids des entreprises technologiques dans l’économie mondiale.

      Que certaines des entreprises technos s’écroulent ne change rien, à moins qu’on pense que la technologie, comme secteur dans son entièreté, va s’écrouler. Autrement, avec un index qui couvre 8000 entreprises, si Apple est détrôné par MachinTech, l’index ne va pas en souffrir, puisqu’il va bénéficier du plus gros de la croissance de MachinTech.

  6. Je comprends, mais personnellement je ne trouve pas que la technologie est particulièrement un bon secteur d’investissement en raison des changements rapides dans ce domaine et du caractère plus spéculatif (risqué) de certaines entreprises, de grande taille et d’envergure certes, mais dont le modèle d’affaire est menacé par des innovations donc la désuétude de leur technologie dans le temps ou bien encore un manque ou une absence de rentabilité (Twitter, Shopify, etc) et des évaluations trop élevées. Ce n’est pas parce qu’une entreprise est  » grosse  » qu’elle est pour autant un bon investissement. C’est quand même énorme 17% de concentration dans ce secteur en particulier.

  7. Par ailleurs, les obligations sont moins volatiles mais sont aussi historiquememt moins rentables que les actions à long terme (100 dernières années, 1915-2015) avec un rendement de 2.2% vs 5.8% pour les actions canadiennes.

    Dans les 50 dernières années, leur rendement est de 4% versus 4.8% pour les actions canadiennes.

    Leur excellent rendement des 15 dernières années, à 6%, versus 4.8% pour les actions canadiennes, illustre une performance bien au-delà de la moyenne historique est n’est pas nécessairement à prendre en référence comme étant la norme pour le futur!

  8. America Online, Yahoo!, Excite, Nescape, GeoCities, AltaVista, @Home et Progidy étaient tous cités dans sa lettre aux actionnaires de Amazon en 1997 comme étant des partenaires stratégiques importants.

    En 20 ans, les choses ont changées rapidement, du tout au tout dans ce cas précis.

    Par contre, il y avait et il y a encore de restaurants Mc Donald un peu partout dans les villes et des produits Coke dans les épiceries, 20 ans plus tard.

  9. Et parmi les 8000 titres de l’index si tu les avaient tous analysés individuellement, je crois que tu en aurais retranché plusieurs par rapport aux questions d’endettement, de profitabilité, de gouvernance, etc.

    Moi, toutes les entreprises que j’ai dans mon portefeuille d’action autogéré je les ai choisies après en avoir fait l’analyse pour m’assurer qu’elle répondent à mes critères pour m’assurer de la qualité de ce que j’ai entre les mains.

  10. Maxime,

    Concernant les rendements des obligations: détenir ces dernières ne vise pas à obtenir un rendement élevé, mais à diminuer le risque et la volatilité. La combinaison actions + obligations offre historiquement un rendement un peu moins élevé, mais une volatilité beaucoup moins élevé. Un petit prix d’un côté contre un gros gain de l’autre.

    Quand on calcule le rendement en fonction du risque, on appelle ça le rendement corrigé par le risque. Si la bourse chute de 50% demain, mon portefeuille devrait baisser de 35% environ (comme il l’a fait dans le creux de 2008-2009). Le coût pour cette protection n’est historiquement que quelques fractions de pourcentage de rendement. Pourquoi diminuer le risque si à long terme les actions font mieux? Parce que les événements de notre vie personnelle ne sont pas à long terme. Je vis de mes rendements, maintenant.

    Pour les technos, on peut penser oui que 17% c’est beaucoup, mais de nos jours, est-ce exagéré de penser que les entreprises technologiques occupent 17% de notre économie? À mon avis, ça va juste continuer à monter: la technologie s’insinue dans toutes les sphères, les finances, l’agriculture, la restauration, etc. Comme je disais, peu importe quelles entreprises vont réussir. Si tu es exposé au secteur des technologies via l’index, qu’il y ait ou non du shuffling d’entreprises au sein de l’index, tu vas bénéficier de la croissance du secteur. Peut-être que lors de la prochaine récession, seules les technologies vont bien résister. Peut-être pas. Chose certaine, je n’ai aucune information privilégiée qui me permette de savoir si c’est Coke ou Apple qui aura un meilleur rendement dans les 20 prochaines années.

    Tu dis qu’à analyser les 8000 titres, j’aurais sûrement retranché des titres. Précisément, c’est ce que j’aurais fait. J’aurais fait l’erreur de retrancher Amazon, Facebook et Tesla, que je juge surévalués, et j’aurais eu tort, car c’est le genre d’entreprises qui est le moteur de la croissance boursière depuis 2-3 ans.

  11. Oui, mais tu peux aussi réduire ton risque en investissant dans les actions dans des titres versant un dividende (protection numéro 1) et aussi avec un bêta plus faible (protection numéro 2) pour aussi t’éviter de grosses fluctuations et un revenu constant.

    Pour les exemples que tu donnes, dans le cas de Tesla, on est bien loin de la coupe aux lèvres. Ils risquent de manquer d’argent éventuellement. Facebook on s’en reparle dans 10 ans pour voir s’il sera encore dominant dans son créneau. Tu te souviens de MySpace je suppose? J’ai plus confiance en Amazon, un titre qui évolue maintenant dans plusieurs secteurs et qui possède une infrastructure web robuste, mais ils investissent aussi beaucoup en publicité et en recherche et développement pour continuer de progresser. Par contre, je vois beaucoup de surévaluation sur ces titres justement a cause de leur popularité, donc peut-être pas les aubaines du siècles en ce moment.

    Bref, discussion intéressante!

    1. Comme je disais, ça n’a pas d’importance qui de MySpace ou de Facebook gagne, quand tu investis dans l’index total. La perte de l’un est le gain de l’autre. Quand MySpace s’est écroulé, ce fut au bénéfice de Facebook.

      Investir dans les deux est plus payant que de les éviter les deux.

  12. En même temps je trouve que c’est un peu paradoxal d’investir dans des obligations pour le côté un peu  » pépère  » de la chose et se retrouver aussi, en même temps, via son autre index à investir dans des titres à l’opposé de cela comme le sont plusieurs titres technos.

    Le gars qui investi dans les CPG n’achètera probablement pas de la crypto-monnaie aussi, si tu comprends ce que je veux dire.

    De plus, j’imagine que la bulle internet ça te dit quelque chose.

    Par ailleurs, si j’aime manger une banane pour rester en santé, je ne vais pas nécessairement m’acheter un  » banana split  » parce que la crème glacée n’est pas nécessaire et va nuire à mon objectif. Donc, si j’aime certains titres en particulier, je préfère les acheter individuellement plutôt qu’on me vende ça dans un  » package  » avec plein d’autres titres qui sont beaucoup moins intéressants, mais que je suis pris pour avoir.

  13. C’est parce que tu considères certains titres comme intéressants et d’autres moins intéressants et que tu penses donc être capable de mieux évaluer un titre que l’ensemble du marché. Ce n’est pas comme la crème glacé que tu peux savoir être bonne ou mauvaise pour la santé avec une certaine confiance.

    À part des penny stocks, je ne suis pas capable de nommer un seul titre du SP500 dont j’ai la certitude qu’il va faire moins bien que la moyenne.

    Si on faisait l’exercice de choisir chacun les 50 meilleurs et pires titres du SP500, je suis pas mal sûr que mes 50 meilleurs, tes 50 meilleurs, mes 50 pires, tes 50 pires, et 50 titres pigés au random, chaque paquet de 50 feraient en moyenne proche de la moyenne du SP&500, plus ou moins la marge d’erreur sur un échantillon de 50 sur 500.

  14. Effectivement, dans mon optique, il faut savoir ce que l’on fait donc être capable de prendre nos propres décisions non pas seulement à la bourse, mais dans la majorité des sphères de notre vie. Ça nous force à devenir meilleur et à nous dépasser pour tenter de prendre les meilleures décisions possibles. On apprend beaucoup aussi, ainsi.

    Au sens plus large, je préfère choisir en me basant sur des critères objectifs et rationnels plutôt que de tout laisser entre les mains du hasard. Parce que sinon, rendu là, on fait quoi, comme investisseur, on abandonne et on tire au dés ou à pile ou face au lieu de faire nos devoirs, faire nos lectures ou recherches? On fait complètement fi de toute la littérature boursière disponible pour nous aider à prendre un choix éclairé?

    On demande à Two-Face dans Batman de venir lancer une pièce pour chaque décision qu’on ne peut/veut pas prendre?

    Comme qualité d’investissement, on peut difficilement mettre Twitter et Facebook sur un même pied d’égalité, tout comme Groupon et Google par exemple. Donc oui, on est capable de faire des choix éclairés en ce sens.

    Tout ne s’équivaut pas et la grosseur de l’entreprise n’est pas un critère de légitimation qui la qualifie automatiquement pour autant au rang d’investissement de qualité. Tu es de grosse taille righ, mais après, es-tu rentable, es-tu endetté, est-ce que ton modèle d’affaire est simple et peut se perpétuer facilement dans le temps sans être facilement menacé/copié, etc?

    Je me dis qu’un gars qui investit la majorité de ses épargnes, à la bourse, depuis plus de 15 ans, des centaines de milliers de dollars, le travail d’une vie(!), doit nécessairement en savoir assez sur la chose pour être capable de reconnaître et choisir les entreprises dans lesquelles il veut vraiment investir, donc les meilleures et à bon prix.

    Pis en tant qu’investisseur individuel, on n’est pas non plus soumis aux mêmes contraintes que les gros fonds de placements. C’est un avantage indéniable.

    Par les meilleures, je veux notamment dire :

    Une entreprise dominante et performante dans son créneau

    Une entreprise avec un potentiel de croissance

    La meilleure rentabilité

    Le meilleur retour sur investissement

    Le meilleur retour sur actif

    L’endettement le plus faible possible

    La possession d’un avantage concurrentiel (barrière à l’entrée, réseau de distribution, etc)

    Le versement d’un dividende en croissance depuis des lustres.
    Etc.

    Par bon prix, je veux notamment dire :

    Avec un P/E ratio en bas de la moyenne des 5-10 dernières années, entre 10 et 20 dépendant des industries

    Avec un P/B value assez faible et en bas de la moyenne des 5-10 dernières années, autour de 1.5.

    Sur faiblesses des cours suite à une correction boursière, une récession ou suite à une nouvelle temporaire n’affectant pas les activités de l’entreprise à long terme.

    Enfin, c’est un résumé sommaire.

    Bon, maintenant, je dois aller voir ma voyante pour lui demander si je mange des toasts au beurre d’arachide ou au nutella pour déjeuner demain matin! 😛

  15. MrJack,
    Ce genre d’article cause toujours ce genre de discussion et le pire c’est que je suis d’accord avec les deux points de vue lol

    D’ailleurs il est possible que je choisisse la méthode indicielle pour le portefeuille REEE de mes kids avec une allocation à 0% dans le marché monétaire par contre…

    Je pense néanmoins que ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que personne ne connait l’avenir et que de choisir une technique, ça devrait se faire dans une perspective globale qui lui, tient compte du rendement, mais qui tient compte aussi de tout le reste (motivation et intérêt que procure la technique, facilité de convertir en revenus quand le temps du décaissement arrive étc…)

    Quand je regarde les gens dans la niche qui ont atteint la liberté financière , je dois dire que seul Jason Fieber a utilisé la technique DGI. Riche relax, Jeune Retraité, Mr ami et Mustsache, Jacob Fisker etc… ont tous utilisé la méthode indicielle.

    Qu’est-ce que ça prouve? Rien de plus je suppose. Mais vous vous en êtes bien sorti et le plus important ça demeure l’épargne, contrôle des dépenses, assiduité, persévérance!!

    1. Mr. Masqué,

      Oui je suis d’accord que le plus important c’est d’abord l’épargne et le style de vie en général! L’approche indicielle, je l’ai moi-même suivie qu’en partie, peut-être 50-60% de mon portefeuille en moyenne… remarque que j’ai aussi 10-15% dans Berkshire Hathaway, qui est presque lui-même un fond mutuel à bas frais de gestion 🙂

  16. Ceci étant dit, vrai que le rendement de l’investisseur moyen qui gère lui-même ses placements n’est pas super, un genre de 2.3% versus autour de 7% pour ceux investissant dans un index.

    Beaucoup de gens vont acheter des titres de qualité douteuse sur recommandation du beau-frère, sans jamais avoir même pris le temps d’analyser l’entreprise ou bien acheter haut quand le marché et dans une euphorie et revendre bas, en panique, lorsque ça plante! Bref, tout ce qu’il ne faut pas faire!

    Alors, on doit quand même te lever notre chapeau pour la  » run  » que tu as fait pendant ces 14 années-là pour en arriver à atteindre ton objectif, car on discute beaucoup des moyens, mais à la fin l’important c’est surtout d’atteindre l’objectif dans un délai raisonnable, avec au moins le rendement du marché tout au long du parcours et en réduisant au maximum les frais de gestion et d’investissement!

  17. On est presque tous très mauvais pour prendre des décisions d’investissement de façon rationnelle.

    Souvent les gens laissent de l’argent dormir plutôt que de l’investir (je suis le premier à le faire). La vraie perte n’est pas tant d’acheter quand le marché est haut que d’avoir vendu (ou attendu avant d’acheter) quand c’était bas. C’est autant une erreur de ne plus investir présentement, de crainte que le marché s’écrase.

    On laisse alors de l’argent en attente, qui ne rapporte rien. Or, le marché est généralement en hausse, donc la majorité du temps, ne pas être 100% investi cause une perte, sauf si on croit pouvoir timer le marché bien sûr.

  18. MrJack,
    Voilà pourquoi je garde rarement plus de 3-4% liquide dans mon compte et que je cherche à acheter chaque mois pour un montant habituellement assez similaire et que j’adopte une stratégie buy and hold.

    Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, le temps dans le marché est plus important que de timer le marché!

    Ceci dit, je ne prétends pas être meilleur qu’un autre pour timer mes achats… souvent je manque les meilleures opportunités par manque de liquidité aussi… ou alors, j’aurais pu acheter bcp plus bas un peu après.

    Mais en achetant l’indice, je ferais la même chose. J’achèterais tous les mois et j’essaierais de « timer » l’achat sur une faiblesse temporaire… pour me rendre compte qu’en ayant atrendu 2-3 jrs de plus j’aurais pu acheter plus bas.

    Moi choisir mes titres qui versent des dividendes en croissance m’amuse. Ce sont généralement des cies avec un beta faible et un rendement historique à long terme égal ou superieur au marché. J’aime voir mes revenus de dividendes s’accumuler et croître, j’aime savoir que je n’aurai pas à timer la vente de mes actifs pour vivre de mes revenus de dividende (jusqu’à 60- 65 ans environ ensuite je vais commencer à flauber ou transmettre le capital car je ne veux pas mourir riche…).

    Bref, je pense que les deux approches ont leurs avantages et defauts.

    Tu as bcp plus d’experience que moi avec la bourse et je comprends ce que tu dis. Je comprends ce que tu essais de nous transmettre.

    Je pense que quelque part tu as raison. Ça serait ben moins de troubles et possiblement plus brillant et rentable… à long terme. À date je bats le S&P500 chaque année mais on ne peut pas tirer de conclusions de ça. . Et acheter un index ne me motive pas et je persiste à avoir mes doutes. Et si je ne suis pas motivé, je n’épargne pas!

    Donc, pour l’instant je conserve ma technique de vieux grand-père qui aime bien qu’un investissement lui rapporte une part des bénéfices en argent sonnant chaque trimestre.

    Mais comme je le disais, avec le REEE, je ne dispose que de 6250$ par an pour investir et ma femme manque d’assiduité à l’épargne alors, difficile d’investir chaque mois. Je pourrais investir 1000$ tous les deux mois… mais je pense que pour eux je vais appliquer la méthode indicielle.

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