Pourquoi ne pas viser une retraite progressive anticipée?

Si vous lisez ceci, les chances sont grandes que vous ne soyiez pas à 100% satisfaits de votre situation actuelle. La plupart d’entre nous visons à avoir plus de temps, pour réaliser des projets personnels ou pour faire les choses qui comptent vraiment, comme passer du temps avec ses amis, sa famille, son conjoint ou pratiquer un loisir qui nous est cher.

L’un des constats que j’ai fait depuis mes quelques semaines de retraite anticipée, c’est que j’aurais pu partir bien avant. J’ai déjà eu plusieurs opportunités d’aller chercher des revenus additionnels. Je suis sur le point d’accepter un contrat de quelques semaines. Pourquoi? Parce que je vais faire l’une des choses que j’aime le plus au monde, mais à mes conditions. À mon rythme, selon mon horaire. Et tant mieux si je reçois un revenu additionnel!

Je n’ai pas pris ma « retraite » pour ne plus travailler. Si vous m’avez lu, vous le savez car j’en parle depuis les débuts. Je voulais plus de liberté. Je voulais plus de « vacances », de flexibilité. Travailler davantage quand il pleut et sortir le jour, en semaine, quand il fait beau.

Je regarde les choses avec le peu de recul que je possède maintenant et je me dis: pourquoi ne pas avoir fait le move avant? La réponse est simple: je n’ai pas osé. J’ai attendu d’avoir des conditions idéales qui font que je n’ai même pas besoin de travailler pour payer mes dépenses. Je me suis placé dans une sorte de situation à toute épreuve, ou si je tombais invalide, je pourrais dépenser mon budget (certes limité) sans crainte et ce, même si la Bourse ne se tient pas tranquille, grâce à un taux de retrait assez confortable de 3.5%.

Mais bien sûr, il était très probable que j’aie des revenus additionnels dans les 20 ou 25 années suivant ma retraite à 42 ans! Mon premier contrat, donc, me rapporterait un montant d’environ 7,500$, après impôts de 50% (j’ai hâte à la prochaine année fiscale pour avoir des revenus moins élevés et la possibilité de garder une plus grande part de mes revenus!).

C’est environ le tiers de mon budget annuel. Si je n’ai pas d’autres revenus d’ici le 28 juillet 2018, mon taux de retrait pour l’année serait alors de 2.1% (14,500$ sur 670,000$).

Si je n’avais eu un portefeuille que de 500,000$, mon taux de retrait pour l’année serait encore un excellent 2.9%!  En fait, il m’aurait suffit d’un portefeuille de 410,000$ pour avoir un taux de retrait de 3.5% cette année, toujours dans la mesure où je n’ai pas d’autres revenus d’ici août prochain. Les années suivantes, parce que je ne paierai à peu près pas d’impôts, je n’aurais besoin que de trouver 7500$ de revenus annuels jusqu’à l’obtention du RRQ et de la Pension du Canada. À mon taux horaire, c’est seulement de 75 et 125 heures de travail à mon compte, au pire l’équivalent de 3 semaines de travail par année !

Quand je suis parti, je ne savais pas si je serais capable de trouver des contrats dans un domaine aussi pointu que le mien. J’ai été très chanceux de tomber sur une occasion, très rapidement. Je n’ai pas vraiment eu à chercher. J’ai lancé à une connaissance, comme ça, que je pourrais être disponible. Les choses ont avancé rondement. Rien ne m’assure que j’aurai d’autres contrats après. Je ne sais pas si la vie de travailleur autonome me plaira assez pour en prendre d’autres. Mais dans un monde idéal, je me verrais bien prendre des contrats comme ça, à court terme, de quelques semaines, entrecoupés de plusieurs semaines off.

Travailler l’équivalent de trois à six mois par année. J’atteindrais tous mes objectifs: beaucoup plus de temps pour réaliser des projets, tout en ayant quelque chose de concret sur quoi me rattacher, et, disons-le, m’accomplir. Surtout d’ici à ce que Mlle Jennie vienne me rejoindre dans la retraite, car l’hiver, j’ai beaucoup moins de loisirs.

Et avoir des revenus additionnels. Parce que, je dois dire, mon budget à 22,000$, je le trouve un peu limité à long terme. Je suis content d’être retourné dans le corridor, là où je retrouve toutes ces portes vers tant de possibilités. Mais certaines portes pourraient m’être interdites, faute de moyens. Avoir les deux est idéal ! Alors tant mieux si je peux mettre de l’argent supplémentaire de côté.

Tout ça pour dire que je réalise à quel point il aurait été facile de partir il y a deux ou trois ans, à une période ou ça n’allait pas si bien au travail. Partir à mon compte et prendre une « retraite progressive anticipée », plutôt que de viser l’atteinte de toutes les conditions pour une retraite totale qu’au fond, je ne souhaite pas réellement. J’ai manqué de courage, c’est la seule explication.

C’est peut-être tout nouveau, tout beau, mais je regarde la vie qui s’offre devant moi avec beaucoup d’optimisme, surtout depuis que j’ai déniché ce client. Aujourd’hui, je regardais différentes informations sur le travail autonome: inscription aux taxes, impôts provisionnels, etc. et en parallèle je négociais les termes du contrat et travaillais sur la description du travail à accomplir. Le projet m’intéresse tellement que le ferais presque gratuitement.

Je trouve ça excitant. Je vois ma « retraite » encore plus positivement qu’il y a quelques semaines, où je me questionnais encore sur mon rôle, sur quoi j’allais consacrer mes énergies et mon temps. Mon statut de retraité vient peut-être de changer. Je prends une sorte de retraite progressive anticipée. Ça n’enlève rien à tous les avantages que je voyais à quitter mon emploi. Ça ajoute des revenus. Je n’ai pas d’obligations au-delà de ce petit contrat de quelques semaines. C’est un peu le meilleur des deux mondes.

Est-ce une option que vous avez déjà envisagé?

6 réponses sur “Pourquoi ne pas viser une retraite progressive anticipée?”

  1. MrJack,
    Je pense que c’est ici où mrmoneymustache nimotamment en ainsi que jacob lund fisker se sont frottés à la police des retraite lol
    Je pense qu’il faut cesser d’utiliser le mot retraite et le remplacer par liberté financière.

    Je suis content de voir que ça va bien pour toi. J’aurais pensé que tu aurais pris plus de temps off avant de te lancer dans un contrat par contre… prendre le temps de décompresser etc. 🙂

    J’ai l’intention de faire comme toi à ma « retraite »… mais je vois pas comment je pourrajs devenir consultant dans mon domaine… je pensais plutôt faire « homme à tout faire » ou encore de l’ébénisterie et vendre mes « chefs d’oeuvre » sur le net pour aller chercher 5000-10k par an à temps perdu. Ou encore, juste travailler sur des revenus passifs en ligne tirés de ma propriété intellectuelle.

    1. La raison pourquoi j’ai pris le contrat maintenant est que je pars en voyage cet hiver et j’aimerais essayer le travail à distance en déplacement. Avec un client en banque ça augmente mes chances de pouvoir faire cet essai.

      J’ai aussi envisagé d’autres formes de revenus que du travail autonome, mais je n’ai pas encore d’idées vraiment. Peut-être que j’irai un jour dans cette direction. À court terme, le travail autonome me permet de faire quand même de bons revenus en relativement peu de temps.

  2. Merci pour cet article. C’est un point de vue intéressant de quelqu’un qui est fraîchement dedans .

    Pour une personne qui ne vise pas à se pogner le beigne à l’année longue, c’est clair que l’objectif final, le montant d’argent qu’il a besoin, n’est pas le même que quelqu’un qui vise une retraite 100% financée, blindée et garantie lors de son départ!

    Je sais que, mathématiquement parlant, on arrive à un chiffre précis en appliquant la règle du 4% (ou 3.5%) par exemple, mais je pense qu’on doit aussi ajuster ce chiffre en fonction du contexte dans son travail actuel et de son niveau d’écœurement, de son âge et de son état de santé, de ses connaissances et habiletés à pouvoir aller chercher des revenus supplémentaires rapidement au besoin, de si la maison est libre d’hypothèque et dépendamment aussi si on a des personnes à charge (ex: enfants). C’est un peu ce portrait d’ensemble qui, selon moi, va nous donner le go ou pas. Bref, dans quel sens les indicateurs pointent.

    Dans ta situation, avec la maison payée, pas d’enfant puis une possibilité d’aller chercher des revenus supplémentaires dans ton domaine selon tes conditions, comme tu le dis, tu aurais probablement pu faire le move avant.

    Ceci étant dit, au moins, tu as eu le courage de le faire, contrairement à bien des gens qui arrivent malades et épuisés à 65 ans avec le compte de banque bien garni certes, mais sans l’énergie pour en profiter et dont finalement l’héritage sera peut-être dilapidée par leurs enfants en un temps record pour s’acheter des babioles qui seront désuètes d’ici 2-3 ans…

  3. Maxime,
    Merci pour le commentaire. En effet, mais je dirais que la plupart des gens qui visent une retraite très tôt (45 ans et moins) ont tendance à chercher selon mes observations justement une retraite blindée. En même temps, je réalise que c’est une communauté un peu différente, car qui dit indépendance financière, à quelque part, laisse entendre: je suis blindé. Après tout, des tas de gens vont travailler à temps partiel ou à leur compte. Ce qui est différent est la retraite totale ou du moins l’indépendance financière. Mais mon calcul me laisse entrevoir que je n’aurais eu qu’à travailler l’équivalent de quelques semaines par année (c’est du temps très partiel ça!) et j’aurais pu partir 2 ans plus tôt. Il faut dire aussi que de pouvoir travailler au même salaire horaire, mais à temps partiel, je n’y croyais pas vraiment.

  4. Ça reste une de mes options. Millenial revolution, un blog que j’aime beaucoup, indique justement qu’on peut avoir une retraite à temps partiel. Si on veut des revenus de 25k, pourquoi ne pas économiser assez pour retirer les 10-15k par années puis travailler la balance qui manque?

    De mon côté, j’y songe. Je suis prof en soins infirmiers, mais je ne ferme pas la porte à revenir dans le milieu de la santé. Mais les conditions sont tellement atroces pour les infirmières, je voudrais pas de ça à temps plein! T’as pas d’ancienneté, tu te tape les soirs et les nuits, les weekends en tout temps.. Alors que si je travaille 2 nuits par semaine, j’ai le reste du temps pour faire ce que je veux !

  5. Exactement. Une fois qu’il ne reste plus que 10k-15k, l’avantage c’est qu’on peut travailler à temps partiel et on sait qu’on sera aidé par les pensions gouvernementales plus tard, donc on a pas vraiment besoin d’économiser beaucoup.

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